21 mars 2025

LE DARD Une revue littéraire déguisée en journal étudiant. Montpellier 1909

 


1909  Le Dard, organe des étudiants

Siège : Imprimerie coopérative ouvrière, 11 avenue de Toulouse, Montpellier. 

Pages de publicité avec entre autres, celle de Louis Lèbre du Vigan (ce militant des Droits de l'Homme soutient Le Dard comme il a soutenu Pan). )

Cette revue, dont le seul numéro paru est daté de juillet 1909, est peu bavarde sur elle-même. Pas de responsables ni d’adresse propre, rien.

A peine, un éditorial collectif affirme la volonté de "réunir des productions littéraires".

En fait, il s’agit bel et bien d’une résurgence montpelliéraine de la revue montpelliéraine Pan, devenue parisienne.

Sur ses six collaborateurs signataires, cinq ont déjà participé à Pan.

 D'emblée, nous sommes loin, très loin, de la pochade étudiante. Jean CLARY, dès la première page, écrit un rêve lourd et noir dans une fumerie d'opium. "L'aiguille, lourde d'opium noir... et c'est la vingtième pipe..."


 Immédiatement après, Joël DUMAS nous donne un long article (Cerrtains) sur Jean Moréas (qui va mourir dans quelques mois) et la bohème littéraire parisienne. Dumas, invité par la revue Vers et Proses à La Closerie des Lilas y rencontre Paul Fort. Ils parlent de Pan "fondé avec Jean Clary [et Carco?] et qui n'a pas réussi à Montpellier ... peu de ventes..." Dumas fustige "les soi-disant intellectuels montpelliérains qui fréquentent le Café de France" [Ce n'est pas un bon début pour attirer une clientèle au Dard !] . À Paris aussi, des mufles, dit Paul Fort. Arrivent Jules Romain, Charles Vildrac, E Cottinet, F.T. Marinetti, F.A. Cazals (le verlainien) , Maurice Maindron, Toussaint-Lucca avec Guillaume Apollinaire et Max Jacob, Jean Royère, Paulk Castiaux... [Que disent en 1909 ces noms aux étudiants de Montpellier?] 

L'arrivée de Jean Moréas fais tomber la conversation. "Je fus déçu". Moréas dénigre Viellé Griffin, Verhaeren, Francis Jammes... Et malgré le champagne et le souper payé par Le pélerin passionné, Joël Dumas est décidément déçu. 




 
 

 
 


La revue continue avec deux poèmes de Paul SENTENAC Sous l'oeil des Barbares [Maurice Barrès quand tu nous tient!].

Marcel RIEU, lui, est plus original, beaucoup plus original.  La mort suinte aux pierres est, en prose un CIMETIÈRE SUR LA MER auquel Paul Valéry ne pense pas encore. 

"Une vague passe et meurt, puis une autre, une autre encore, toujours..." 

"Ce triple infini qui m'accable : la mer, le silence, la mort..."

 Un certain Henry CHARPENTIER assume Baudelaire et nous donne deux Fleurs du mal surnuméraires. 

Joël DUMAS parle encore de sa chambre parisienne, triste malgré ou à cause des gravures de Félicien Rops et d'A Rouyveyre. 

Deux sonnetrs encore, non signés "X". 

Une curiosité sur le diamant artificiel. Est-ce une vraie rubrique 'Sciences' ou une métaphore?

Et la revue rejoint l'ornière des journaux étudiants, polémiques mesquines (avec surtout Duplessis de Pouzilhac et son JOURNAL ÉTUDIANT. 

Passons, passons puisque tout passe...

 Émouvant DARD, qui n'a piqué qu'une fois, mais fort, pour notre souvenir.

Un exemplaire est mis en ligne par la Médiathèque Emile Zola de Montpellier : le seul que je connaisse.

 

 

7 mars 2025

SOUS AUCUN PRÉTEXTE revue créée par J G Cosculluela à Montpellier en 1977

 

SOUS AUCUN PRÉTEXTE

Voici une revue ambitieuse et peu connue (elle n'a sans doute eu qu'une parution) fondée par Jean Gabriel COSCULLUELA à Montpellier en 1977. 

Outre le fondateur, le comité de lecture comprend Brigitte AGULHON et Yves ANTOINE. 

Le N° 0 paraît fin 1977 sous-titré : LE TERRISOIRE.

80 pages, format A4.


LE TERRISOIRE : DÉRISION PAR L'ÉCRITURE

Il serait vain de prétendre analyser cette revue dans une notule.

Je vais m'en tenir à égrener le sommaire :

SOMMAIRE

L'éditorial titré .C'EST DÉ LE PAS. contient des syntagmes comme : Loin des parigo-tropismes ; Lieu de rumeurs discrètes lieu de solitude des mots de fond ; L'Empreinte de l'hésitation...


Suivent des textes de Jacques SOJCHER  (déjà paru dans Première livraison de Mathieu Bénezet et Philippe Lacoue-Labarthe), de Jean Gabriel COSCULLELA, de Claude HELD, de Frédéric APPY...

Puis Guy BENOIT présente Francis GIAUQUE avec des textes fac-simile manuscrits écrits peu avant sa mort en 1965.


Jean-Marie DE CROZALS publie un texte inédit. Brigitte AGULHON , Gaspard HONs puis Pierre TORREILLES qui fait un peu figure de patriarche. 

Textes de Dominique BEDOU.

Alain BORER présente le peintre Georges BADIN dont la revue publie deux oeuvres.


GEORGES BADIN

JG Cosculluela revient sur LE TERRISOIRE.

Jean-Luc PARANT donne un texte et 3 photos 

Jacques CRICKILLON suit et précède un inédit de Guy DENIS. 

Yves ANTOINE signe Libre Talgo Pourbande. `

André BALME publie des calligraphies.


Textes d'André MIGUEL et de Michel COSEM.

La revue termine par une revue des revues et annonce le sommaire du prochain numéro, alléchant autour de Joe BOUSQUET, mais ...






Ainsi commence et finit cette revue parente et voisine de ENTAILLES (1975) et de TEXTUERRE (1976)

25 février 2025

LE BULLETIN DE NARBONNE (1780-1782) : un curieux COURRIER INTERNATIONAL sur la GUERRE d'INDEPENDANCE des Etats-Unis d'Amérique

Bulletin de Narbonne 1780

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Il y a des revues si rares que personne ne semble les avoir vues.

C'est le cas du très étonnant BULLETIN DE NARBONNE.
Voici l'intégralité de ce qu'en dit l'imposant Dictionnaire encyclopédique de l'Aude, de Gérard Jean (Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne, 2010) :

Bulletin de Narbonne : Premier périodique audois, il paraît deux fois par semaine, de 1780 à 1782 et compte deux pages. Il ne donne aucune information locale, mais plutôt des nouvelles qu'il reçoit de différentes villes. Il propose même sur sa dernière page une énigme. Le périodique disparaît pour avoir contrevenu au monopole de La Gazette.

Un point c'est tout. Qui rédige ce bulletin, qui l'imprime, de quelle Gazette a-il piétiné les privilèges? On ne sait pas, mais on sait que les rédacteurs du Dictionnaire n'ont jamais vu le Bulletin de Narbonne.
       En 1980, Léon Bergon publie dans le savant Bulletin de la Commission archéologique et littéraire de Narbonne un Essai sur le Bulletin de Narbonne, périodique de la fin de l'Ancien Régime. Il précise travailler d'après le seul exemplaire conservé, celui des Archives départementales de l'Aude. L'article est un recueil d'extraits, c'est bien. Mais Bégon ne connaît ni le nom du rédacteur Marcorelles qui est pourtant cité souvent dans la revue, ni celui de l'éditeur - imprimeur, Jean Besse, qui signe la plupart des numéros. Par contre, lorsqu'il dit que le directeur du Bulletin se nomme Décampe…, on se demande quelles sont ses sources, ce nom n'apparaît jamais dans le Bulletin. Certaines notices bibliographiques sont bien mystérieuses!

Et pourtant, dans notre exemplaire, l'éditeur a pris soin, à posteriori, de relier des collections complètes avec une page de titre on ne peut plus pédagogique :

Bulletin ou Gazette de Narbonne par M. de Marcorelles


Bulletins,
ou
Gazettes
de Narbonne,
depuis et compris le 18 août 1780, jusques
 et inclus le 26 septembre 1782
par M. de MARCORELLE, baron d'Escale, de l'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse; ancien secrétaire de cette Société; correspondant de l'Académie Royale des Sciences de Paris, de la Société Royale de Médecine de France; de la Société Royale des Arts de Londres, du Musée Toulousain, etc… etc…
A Narbonne
de l'Imprimerie de J. Besse, imprimeur du Roi et des Etats de Languedoc.

Et  Jean Besse nous donne à la suite le portrait de Jean-François de Marcorelle, dessiné par M. Bourgoin et gravé par L. Lempereur, poussant la gentillesse jusqu'à nous en décrire les accessoires

Jean-François de Marcorelles (ou Marcorelle) d'Escales


D'un côté sont des coquilles, des madrépores; de l'autre, sur un rocher où l'on aperçoit l'entrée d'une grotte, est un aigle fortement gravé, dont une aile est cachée, et dont l'autre est déployée. Au bas, et vers le milieu, l'on voit un tas de médailles antiques, parmi lesquelles on distingue celle de Marcus Aurelius Augustus.
C'est tout un programme qui résume la vie de ce féru de conchyliologie, et digne descendant de l'empereur Marc-Aurelle, comme son nom en témoigne. On hésite pourtant à savoir à laquelle de ses publications la grotte fait référence. Est-ce à son Mémoire sur le Fromage de Roquefort ou à ses Détails de l'accident funeste arrivé dans une fosse d'aisance de la ville de Narbonne, les 16 avril 1779
 Il y a grotte et grotte, il ne faut pas mélanger les fosses et les caves, même si l'odeur les réunit.

Bref, nous savons déjà pas mal de choses sur Marcorelle d'Escales.  Surtout si on ajoute qu'Escales est une commune près de Lézignan-Corbières, qu'en avril 1781, le baron d'Escales part en voyage et quitte donc la rédaction, mais qu'il la reprend le 25 novembre 1781, qu'en août 1782, il a été assez malade pour qu'une admiratrice se réjouisse de son rétablissement :
Il vit, l'Illustre Marcorelle
Ah! Puisse-t-il vivre toujours;
Il vit, et la Parque cruelle
N'a pu couper la trame de ses jours!

Nous savons par ailleurs que la Parque réussira son coup en 1787.
Nous ne savons rien par contre des comparses du Bulletin. Rien sur ce Raoux qui fournit la devise
Je n'aime que la vérité
Je plaide pour l'humanité.
Rien de cette famille Claverie, un abbé et ses deux nièces, sur l'architecte Figeac, sur Gastinel, professeur d'éloquence, sur ces Gousty, Postic, Janot, et autres Castans  qui monopolisent le courrier de leurs panégyriques croisés.
A peine plus de Cailhava, gendarme du roi, mais surtout rimailleur occitan qui envoie des vers dans cette langue au rédacteur, qui, lui, loin de connoître et parler toutes les langues, tous les idiomes , (il ne connaît même pas le parler de Narbonne) accepte pourtant, pour répondre de bégayer quelques mots patois.
Nous pouvons toutefois supposer, que, lors des absences  du "patron", c'est l'imprimeur Jean Besse qui reprend la rédaction : il se contente d'aligner les dépêches de l'étranger, quelques recettes médicales, et les fameux logogriphes des lecteurs, sans commentaire.
Tiens, nous voici arrivés en pleine analyse du contenu du Bulletin.
C'est quand même ça l'essentiel :  il ne suffit pas d'être rare pour être intéressant.
Qu'est-ce qui a piqué ce petit seigneur rousseauiste pour qu'il lance une revue qui ressemble plus au Courrier international qu'à une gazette provinciale? 

Bulletin de Narbonne (Aude) 1780
  

Le BULLETIN DE NARBONNE  est en effet presque exclusivement consacré à la guerre d'indépendance des Etats-Unis, vu sous son aspect européen et naval entre la France et l'Angleterre,  l'épicentre des opérations se situant à Cadix.
En effet, les énigmes et logogriphes d'une part, la rubrique de médecine pratique de l'autre ne sont là,  et c'est dit explicitement, que pour attirer des lecteurs.
Les nouvelles locales sont, elles, pratiquement inexistantes, et, de toutes façons, sans intérêt.
Qu'est-ce qu'un logogriphe, me direz vous? Eh bien, un logogriphe est une énigme où l'on donne à deviner un mot à partir d'autres, composés des mêmes lettres. Un logogriphe est présenté comme un animal, possédant des pieds, une tête, un coeur et une  queue :
Les pieds sont les lettres qui composent le mot à trouver. La tête est la première lettre de ce mot. Le cœur est la lettre centrale. La queue est la dernière lettre :
Sur mes quatre pieds
Je suis d'un animal, le petit
Si vous me décapitez
Aussitôt je me liquéfie
Solution: Veau (eau)

Logogriphe en forme de Calligramme

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Mais, globalement,  les 80% de la revue sont consacrés à la publication de correspondances reçues de Cadix, ou d'articles de gazettes espagnoles. 
Même la rubrique des "Petites annonces" reste lamentablement vide.
Y a-t-il, à cette époque, dans une autre ville française, une seule Gazette consacrée à la politique étrangère?  Pas évident !
A noter qu'il y a même des nouvelles sur le Ramadan à Constantinople.
Le petit relevé des sommaires qui clôturera cette notule ne rendra donc compte que des nouvelles ne portant pas sur la guerre.
En fait, ces Bulletins nous apprennent, à nous, bien peu de choses sur la guerre des Amériques. 



Mais ils nous apprennent pas mal sur la curiosité et la convivialité d'une petite ville de Province à la veille de la Révolution.
A Narbonne, l'homme fort, c'est Mgr Dillon, archevêque de Narbonne (sans doute le plus riche archevêché de France) qui est aussi Président de droit des Etats généraux de Languedoc.
Autour de lui, des foules d'abbés, de chanoines, de fonctionnaires et de nobliots. C'est cette population qui compose le lectorat, volontiers interactif, des Bulletins.
Tous ces gens sont des citoyens éclairés, qui s'intéressent à l'histoire du monde et soutiennent l'indépendance et la future démocratie américaine.
Ils sont, en général, plus rousseauistes que voltairiens.  Ils sont aussi passionnés de sciences naturelles et se situent volontiers dans la continuité du  courant agronomiste.
Modernes et éclairés, ils s'abstiennent de parler occitan, patois… Certains, comme Marcorelle  lui-même, prétendent ne pas le connaître du tout.
Or,  Jean-François Marcorelle, baron d'Escales est  né à Escales près de Lézignan-Corbières, dans l'Aude.  Comment aurait-il échappé à l'immersion linguistique occitane? Lui qui se veut seigneur bienfaisant , proche de ses sujets.  Il a construit une fontaine dans son village.  Il en déplace le cimetière pour plus de salubrité. A Narbonne, témoin de deux morts accidentelles dues aux fosses d'aisances, il écrit  : Détails de l'accident funeste arrivé dans une fosse d'aisance de la ville de Narbonne, les 16 avril 1779... et l'avis de M. de Réaumur pour les secours à donner aux noyés .
Il se pique de météorologie. Pendant ses études à Toulouse, il a calligraphié un beau manuscrit d' Observations météorologiques faites à Toulouse pendant l'année 1749, L'auteur a consigné précipitations, températures et pressions en indiquant les effets du climat sur les céréales, légumes, fruits, le vin, les abeilles, vers à soie et les maladies humaines. Quarante ans plus tard, c'est un Mémoire sur une trombe de terre qui parut sur Escales  le 15 juin 1785.
Entre ces propos sur le climat, il a publié en 1760 un Mémoire sur le Fromage de Roquefort qui sera curieusement édité dans la série des Mémoires de Mathématiques et de Physique de l'Académie Royale des Sciences.
 





DESCRIPTION MATERIELLE  :
Chaque Bulletin  a 2 pages, sauf les n° 26 (1780), 1 (1781),  1 (1782) qui en ont 4.
24 cm. , soit un format de reliure in quarto.
 Il y a 31 numéros pour 1780, 104 pour 1781 et  77 en 1782, soit  212 numéros en tout . Ce n'est qu'à partir du N°7 que les bulletins sont numérotés. Le  dernier N° est manuscrit.
Mon exemplaire porte une reliure en veau, d'époque, assez fatiguée. 

 QUELQUES CONTENUS REMARQUABLES :
Le N°4 comprend une nouvelle narbonnaise (nomination d'un professeur), pour la 1ère fois.
Le N° 5 fait part de nouvelles expériences scientifiques transmises à M. Marcorelle.  Remède contre fièvres.  Termine par une énigme (le mot est donné au n°6).
le N°VII porte, pour la 1ère fois le nom de l'imprimeur et remplit recto verso le feuillet.  Le remède ayant été du "gout de nos lecteurs", en voici d'autres.  In fine : Logogriphe.
N° XI : Les vers, énigmes et logogriphes sont reçus chez Besse.
XII  : Exergue permanent : Je n'aime que la vérité / Je plaide pour l'humanité / Raoulx. (qui signe le 1er quatrain d'éloge de Marcorelle. De la doctrine chrétienne). Logogriphe de M. Figeac, architecte à Narbonne (et n° VIII, 28 1 1781) .
XV Polémique (suivie) contre les cloches de St Sébastien de Narbonne qui provoque des maux d'oreilles
XVII Abonnements à 12 sous par mois, ou 2 sous le bulletin qui paraitra tous les lundis et vendredis.
XXII Vers de M. Gastinel, professeur d'éloquence, Narbonne
XXIII Nouvelles du Ramazan (ramadan) à Constantinople.
XXV Le Bulletin reçoit les annonces payantes (ventes, fermes, louages)
XXVI La feuille passe (exceptionnellement) à  2 f°, 4 p.
XXVII Hostalot, notaire royal
XXX Castans, voir son panégyrique !!  Idem abbé Claverie, n° XXXI de 1780. Ces éloges deviennent un jeu :  Fournier n°1,  Mlle Claverie, n° 2,  Gousty, n°5 , Postic, 6 ;  Janot, n° 10, etc…
I, 1 janv.. 1781. La numérotation discontinue. 4p. , bandeau gravé sur bois  par Brunet repris le 3 janv. 1782 , pour une reliure annuelle.  Publicité, réclame pour Besse, libraire.
III, Vers de Mr Cailhava, en occitan   (Noter : la graphie  trouvax pour trouvatz) sous le pseud (dévoilé) de Guillat, Me charbonnier.  LE REDACTEUR BEGAYE QUELQUES MOTS PATOIS EN REPONSE.  Autre texte personnel dans n° VI : retour d'Escalle, près de chez Marcorelle. Il s'agit du frère de Calhava, l'écrivain.
VI Inondation de Narbonne à la une (11 janvier 1781)
IX Ode à Mgr Dillon par M. Simon, écolier de rhétorique.
XI Noyé sauvé à Narbonne
XV Première petite annoncepour une  vente
XVIII et  quelques suivants : sur papier bleuté.
XVIII Curieuse anecdote à propos d'un cousin de JJ Rousseau, né à Ispahan.
XIX Création d'une Académie à Narbonne (Marquis de Chef de Bien Saint Amans)
XXVII Publicité pour des tissus
XXIX, le 2 avril 81, tremblement de terre à Nîmes
XXX, Dernière feuille rédigée par Marcorelles qui part en voyage. Il est remplacé, on ne sait par qui.  A partir de là, beaucoup moins de fantaisie !! : guerre, médecine quand on peut, logogriphe.
 LIIX Encore une lettre de Rousseau, "illustre auteur qui, par ses écrits immortels a tant éclairé les arts, l'éducation, même la liberté et si fort contribué à tourner son siècle du côté de l'utile"
LXXXIII Publicité pour l'Anisette Gasc
XCIV  et suivantes "Cette feuille est toute de l'ancien rédacteur"  Qu'est-ce que ça veut dire?  Que Marcorelle est revenu? Oui, il y a plus de fantaisie et de nouvelles locales, ou de lettres de lecteurs.
XIV 17 02 82  Encart : Chanson sur la prise de Mahon. Avec même bandeau que ceux de début d'année. , 1f°
XXIII , publicité pour un Mémoire … pour neutraliser les fosses d'aisances… par Marcorelle, chez Besse à Narbonne
XXVII Abonnement annuel 7 livres 4 sols
XXX Une énigme typographiée en "calligramme".
XXXVII Acrostiche sur le nom de Marcorelle, par l'abbé de Claverie
LXVIII Lettre d'une "jeune, belle et vertueuse dame (Mme de B)  et de son digne, respectable et savant oncle (abbé de C.) " AU SUJET DU RETABLISSEMENT DE LA SANTE DE MARCORELLE :  "Il vit, et la Parque cruelle // N'a pu couper la trame de ses jours
LXXVII 26 sept 1782 Numéro manuscrit . In fine : "Nota : des raisons qu'il seroit inutile de déduire icy ont empêché l'impression et la publication de ce bulletin. C'est pourquoi on ne le donne que manuscrit et imparfait".









24 février 2025

LA FANTAISIE MONTPELLIERAINE , petite revue littéraire, Montpellier, 1897



 

Frontispice de La Fantaisie Montpelliéraine 1897 par Eloy-Vincent



1897 La Fantaisie montpelliéraine

Feuille illustrée, artistique, littéraire, politique et narquoise.

Rédaction et administration : A. Eloy-Vincent

Alfred ELOY-VINCENT par Geo YRRAB


 

Imprimeur : Gustave Firmin et Montane.

Gérant : Poussigue-Meyrel

Format : 3324 cm

Frontispice d’Eloy-Vincent.

N° 1 , 27 février 1897 - N° 8, 17 avril 1897

Cote Médiathèque Emile Zola, Montpellier : 21649 (Quelques numéros)

Exemplaire personnel d'Albert Eloy-Vincent truffée de dessins originaux (collection personnelle GB)

 8 parutions seulement pour cette revue qui n'a pas su choisir entre journal étudiant, revue littéraire ou artistique et journal d'information locale. 

Elle est totalement contrôlée par ELOY-VINCENT (1868-1945) qui en est à la fois fondateur, directeur, rédacteur en chef (et en détail) et administrateur, avec son ami le chansonnier POUSSIGUE-MEYREL.

Elle contient à la fois des caricatures sur la vie politique de Montpellier, des informations étudiantes et laisse une grande place aux nouvelles artistiques. 

Alexandre LAISSAC, Maire de Montpellier


Le premier éditorial affirme son goût pour la caricature, l’humour et la bouffonnerie. Trop de pseudonymes rendent cette feuille obscure. Whass-Whaser est bien sûr Albert Eloy-Vincent ainsi que Frise-Poulet qui signe le feuilleton : Hultime Bringueboche. C'est lui aussi qui signe ou ne signe pas les échos et nouvelles, ainsi sans doute que les Gazettes rimaillées signées Tiburce. 

Gazette rimaillée d'Eloy-Vincent

mais qui sont Sémalou, Pépitos, Riquet, Patch, L’abbé Mol et autres?

La collection de cette revue étant introuvable, je donne un petit descriptif de chaque numéro.

N° 1, 6 mars 1897 :  Annonce des élections municipales : Alexandre Laissac, dont la municipalité a été dissoute se représente... Eloy-Vincent et ses amis du CAVEAU DU 10 Poussigue-Meyrel et le pianiste Combes montent une pièce d'ombres chinoises... Le triptyque d'Injalbert fait scandale sur la Comédie, et on parle de la déplacer.

Gravure publiée de Eloy-Vincent

Dessin original d'Eloy-Vincent


N°2, 6 mars  : Carnaval. Un dessin signé JAK. Sur son exemplaire, Eloy-Vincent note que celui-ci, Jacques KLELLI, fils d'un chef de musique militaire, s'est suicidé jeune. 

 

Dessin de JAK, Jacques KLELLI

N°3, 13 mars : Défense d'Injalbert et de sa sculpture "scandaleuse". E-V a été son élève à Paris. Annonce d'une pièce d'ombres par les YSOLANS. Début du feuilleton de Eloy-Vincent ("Frise-Poulet") : HULTIME BLINGUEBOCHE, souvenirs de son apprentissage dans l"atelier d'Alexandre Cabanel à Paris. C'est un méridional maigre et barbu, grand et timide qui se fait bizuter à son entrée : se mettre à poil et chanter l'opéra. Eloge de Léon Galand.

 

Feuilleton : Eloy-Vincent dans l'atelier d'Alexandre Cabanel  Hultime Bringueboche

 

 

les YSOLANS de Montpellier

n° 4, 20 mars : Toujours les municipales à Montpellier. Suite du feuilleton. Nu et poilu, on lui dit les us etr coutumes de l'atelier. On lui apprend à encenser Ingres et Bouguereau, à apprécier Delacroix et à mépriser Manet, qui est le peintre le plus récent à être cité. On ne semble connaitre ni Courbet ni les impressionnistes, encore moins les peintres des années 1890. Le triptyque d'Injalbert a été déposé par le propriétaire de l'immeuble où il était posé. Injalbert le récupère et le donne à la ville. 

N° 5, 27 mars : Toujours Injalbert. E-V propose que le triptyque soit posé sur la rocaille du Château d'eau du Peyrou. 

 

Defense du triptyque d'Injalbert


N° 6, 3 avril : Thèse de médecine de Charles Vigné d'Octon, le frère de Paul. Suite de la vie dans l'atelier parisien de Cabanel. Visite de Massenet à Montpellier où il dirige Thaïs et retrouve Ernest Michel, son collègue à la villa Médicis à Rome. 

 

Massement et Ernest Michel à Montpellier 1897

N°7, 10 avril : Un essai de littérature : "Choses vues, dans le train" : un petit texte vif et rythmé signé JUNIOR. Suite de Hultime Bringueboche. Long article d'E-V. sur la collection Xavier Atger, à la Faculté de médecine qui n'est ni visible, ni connue, ni même en sécurité. Propose son dépôt au Musée Fabre. 


n°8, 17 avril : Pas de suite du feuilleton dans ce numéro : on ne saura jamais la suite des aventures d'Eloy-Vincent dans les milieux des peintres parisiens. Un texte et un dessin de E-V. , "Printemps" est (enfin) un vrai essai d'art et de littérature. Chant du cygne... 


Printemps Eloy-Vincent

Curieuse revue : la personnalité d'Eloy-Vincent semblait la promettre à une meilleure qualité. En fait, elle n'est ni bonne ni mauvaise. 

On est surpris par les "manques" dans le contenu de la revue. On n'y voit jamais trace d'art contemporain.

Et, en 1897, aucune trace non plus de l'Affaire Dreyfus.


Sur Eloy-Vincent, voir la petite monographie de Raymond Huard Eloy-Vincent peintre, journaliste et écrivain (éditions Fénestrelle d'Uzès, 2019).