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11 juillet 2018

Minerve et Napoléon sur l'Esplanade de Montpellier



1803. Napoléon perçait sous Bonaparte. 
On dit "Napoléon", tout court. Ou bien "Le Consul" plutôt que "le premier consul", tant la distance avec ses suivants s'est allongée.

Cambacérès, lui, est Cambacérès, consul et citoyen. Il est en train de placer autour du Premier consul une cohorte de montpelliérains : Chaptal, Cambon, Daru...  (la future  d'Abrantès s'est placée toute seule).
On le connait encore assez bien, ici, il n'a quitté la ville que depuis une dizaine d'années. 
On s'adresse à lui pour accéder au Consul.

Monsieur BILLOIN, ingénieur en chef du département de l'Hérault, malgré ses 71 ans bien sonnés et sa retraite annoncée pour 1805 aimerait terminer sa carrière en feu d'artifice (il mourra en février 1806, mais il ne le sait pas). 
Un mémorialiste de l'époque (Auguste de Labouisse-Rocheford) l'accuse de vouloir "traiter Bonaparte à la Louis XIV". Tant pis.

Avec la complicité de J.P. Blanc, architecte, il dresse son projet, recueille un aval discret de la ville, et hop, envoie le tout au second consul.
Quand celui-ci, qui est poli, répond poliment trois mots policés, on édite une plaquette soignée (à petit nombre), et on passe à la postérité, si toutefois une de ces plaquettes y passe. Las! le si consciencieux et étendu Catalogue Collectif de France n'affiche aucune bibliothèque possédant ce document.
Celle que je présente est-elle l'unique témoin de ce projet oublié?


La plaquette est assez modeste : 16 p. in 4° imprimées à Montpellier, imprimerie Fontenay-Picot, rue des ci-devant capucins, sans date (1803).

Le projet est des plus ambitieux.

Le lieu : à Montpellier, entre le Champ de Mars (aujourd'hui jardins de l'Esplanade) et la Citadelle (aujourd'hui Lycée Joffre et bastions).

La motivation : dans un français si amphigourique qu'il en cahote dans l'obscurité, M. A. Billoin clame son admiration pour le HÉROS TUTÉLAIRE (c'est lui qui majuscule) de la France.
Napoléon est courageux, héroïque même, habile, sage, modéré, prudent, zélé, infatigable, valeureux, victorieux, et surtout, il apaise les tempêtes (que d'autres nomment Révolutions).  Peut-être peut-il aussi guérir, tout au moins réconforter le riche "étranger, attiré dans notre ville pour y rétablir sa santé"?
A titre de comparaison Cambacérès, lui, n'est que prévoyant, mais tire tout son éclat d'être "rapproché de sa gloire".

Pour attester de la gloire du Héros, rien ne vaut un bon investissement dans la pierre (puisque, on l'a vu, les brochures s'envolent).
Ce sera
PORTIQUE DE MINERVE, 
À LA SAGESSE ET VALEUR DE 
NAPOLÉON BONAPARTE, PREMIER CONSUL, 
PAR LA VILLE DE MONTPELLIER 

Finalement, on est surpris du titre donné au monument : un portique? Que nenni, c'est un Temple qu'il eut fallu édifier à ce Saint protecteur de la tranquillité publique!

Et que notre triste Citadelle démantelée en profite pour se cacher derrière ce monument!

Il ne s'agit de rien moins que de construire un immense ensemble architectural contenant :

Au Nord (vers l'actuel Corum) : un ensemble immobilier de 16 hôtels (ou maisons) particuliers privés, mais soumis à "un ordre fixe pour la façade",

Au centre : le fameux PORTIQUE DE MINERVE. Long de 280 mètres, profond de 8 mètres, haut de 5,5 m. , il sera percé de 39 arcades donnant sur l'Esplanade. A l'intérieur, une "galerie marchande" (on pense à la rue de Rivoli) contient autant de boutiques que d'arcades.
Le toit de ce portique serait une vaste terrasse, servant de promenade aux montpelliérains.

Au Sud, le PALAIS (ou HÔTEL) DU GOUVERNEMENT, avec sa façade d'ordre ionique et "une partie intérieure semi-circulaire".
A quoi servira-t-il?  En cette période de transition où on ne sait pas de quoi les prochaines institutions seront faites (Préfet? Gouverneur? ), on ne se mouille pas trop. On reprend le nom de l'édifice construit pour les Gouverneurs de Languedoc fin XVIIIe siècle (au bas de la rue de la Loge, actuel Mac Do jusqu'à la rue Jacques Coeur).


Curieusement, c'est l'ornementation de ce Palais qui mobilise le plus l'imagination de notre ingénieur.
Les diverses sculptures veulent de toute évidence être un pendant de celles de l'Arc de Triomphe du Peyrou.
Elles montrent le Premier Consul terrassant la figure hideuse des factions, Minerve montrant "une Gloire, avec le mot IMMORTALITÉ".
"À L'HORIZON, ON VERRA LA MER".

Puis, on bavardera en vers lapidaires alliant NAPOLÉON et MONTPELLIER.

Des STATUES représenteront la SAGESSE, la VALEUR, la PRUDENCE, la GÉNÉROSITÉ.
Pour titiller Cambacérès, des symboles maçonniques sont disséminés ici et là : "un oeil sur la poitrine", une colonne, une règle, un compas une étoile rayonnante...


Malheureusement, les plans envoyés au 2e Consul ne sont pas reproduits dans la brochure. Ils doivent se trouver dans quelque archive parisienne.


MAIS on a besoin du soutien de  Cambacérès !
Le projet est soumis aux aléas des contingences matérielles et financières que lui seul peut résoudre.

Les ingrédients sont nombreux et coûteux :
* le terrain des deux fossés (là où passe actuellement la voie ferrée) qui appartient à l'Etat.
* les deux bastions eux-mêmes (id)
* des terrains ou bâtiments nationaux disponibles dont la vente financerait une partie de la construction (id)
* quelques centimes additionnels, quelques points de TVA (pardon, d'octroi) en plus, et une augmentation des impôts de la Ville...
* sans compter le financement d'investisseurs privés, et d'actionnaires capitalistes, qui construiront de prestigieuses maisons attenantes et contribueront par l'achat de ces terrains constructibles au financement de l'ensemble (un partenariat public-privé, en quelque sorte).

On peut rêver.

On peut imaginer la scène (et elle a dû avoir lieu, tant Cambacérès était attaché à faire remonter la moindre information au futur empereur)  de la présentation des plans à Napoléon.
Cambacérès, impeccable diplomate, traduit la conversation en :  " projet fort beau" qui "doit ajouter à la splendeur de la Ville" ... s'il peut être exécuté

Mais du comment et combien de cette possible exécution, pas un mot, pas un sou, pas un mètre carré de terrain, rien !

Finalement on se demande qui a pu croire que ce projet se réaliserait? Personne, sans doute. Ah! le rêve! 

Je vous laisse lire le projet :












8 mai 2012

NOSTRADAMUS dans son tombeau. Exemplaire unique et effrayant d'un almanach de Nostradamus imprimé à Toulouse en 1839

Portrait de NOSTRADAMUS DANS SON TOMBEAU
                   Voici, au hasard des petites trouvailles, un exemplaire unique d'un almanach publié à Toulouse, par Jean-Marie Corne (qui fut, avocat, puis imprimeur rue Pargaminières, puis mort) en 1839.
                  L'adresse porte, de façon fallacieuse, mais Nostradamus oblige : A Salon en Provence, 1839. Mais le collophon est sans équivoque et dévoile le véritable éditeur.
                  Le titre complet est le suivant :

NOUVELLES ET CURIEUSES
PREDICTIONS
DE MICHEL
NOSTRADAMUS
(Pour sept ans)
depuis l'année 1839 jusqu'à l'année 
1845 inclusivement,
Augmentées de l'ouverture du tombeau de 
Nostradamus, exactement supputées,
calculées et mises en meilleur ordre, et 
plus amples que les précédentes
PREDICTIONS DE MICHEL NOSTRADAMUS, Toulouse 1839.

                 Il s'agit d'une brochure de format bibliographique indécis (un cahier de 10 folios, le dernier servant de chemise à l'ensemble, un autre cahier de 4 folios, un autre de 8 folios et un dernier de 2 folios). A l'oeil, in 12°, de 44 + 2 pages. 
                 La page de titre n'arrive qu'au verso du folio 3, précédée d'une gravure sur bois au verso du F°1 intitulée :  GARDE DU TOMBEAU
GARDE DU TOMBEAU de NOSTRADAMUS
Ce garde sur-armé ressemble un peu à un gisant.

                Suit, recto du F°2 : LE VERITABLE PORTRAIT DE NOSTRADAMUS DANS SON TOMBEAU :
                 On y voit Nostradamus, assis et bien vivant , portant et retirant de sa main droite un masque qu'on pense en or, assis sur sa chaise de bronze, dans sa bibliothèque, qui se doit d'être ésotérique, le compas le prouve bien... 
LE VERITABLE PORTRAIT DE NOSTRADAMUS DANS SON TOMBEAU
            En frontispice, le portrait de Nostradamus avec son épitaphe est lui, incontestablement celui d'un gentilhomme sous Louis XIII.
            Au verso de la page de titre, une gravure sur bois représente la vérité avec un poème dont seuls les 4 premiers vers en sont vraiment, des vers, les deux derniers cédant résolumment à la future mode du vers libre.
Je suis la Vérité, de tout temps je suis reine
Et je ne ments jamais, étant ce que je suis.
J'abhorre les menteurs, c'est moi qui les poursuis... etc... 
 
            Les pages 5 et 6 sont destinées à nous faire trembler, et je ne sais si je n'enfreins pas un interdit mortel en les transcrivant.  C'est en tout cas un superbe morceau de prose, dans le style de Allan Poe ou de Charles Nodier. De quand date-t-il??? Je l'ignore (ce qui veut dire : si vous le savez, dites le moi).

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RELATION NOUVELLE ET TRES CURIEUSE DE 
L' OUVERTURE
DU TOMBEAU DE NOSTRADAMUS

           Quel événement étrange et inopiné, cent vingt-sept ans se sont écoulés depuis que Nostradamus s'est inhumé tout vivant dans un sépulcre en forme de mausolé, qu'il séleva chez les révé­rends pères cordeliers de Salon en Provence ;  il grava en carractère ineffaçable, sur la pierre, cette sentence aussi épou­vantable que nouvelle : Malheur à celui qui m'ouvrira, sentence que les plus hardis n'avaient encore osé violer. Mais enfin la curiosité surmonte tout obstacle : on va donner au public un sujet digne de mémoire ; ce sont deux prévenus (condamnés) à la mort à qui on accorde Ieur grâce au prix qu'ils ôteront la pierre. Bientôt les prophéties vont s'accomplir. Les violateurs portent leurs mains sur la pierre ; mais par un mouvement sou­dain, ils sont déconcertés, et tombent à la renverse roides morts ; car il faut que ces prédictions s'exécutent. 
            On entendit un bruit épouvantable ; peu après on vit le prophète Nostradamus sur une chaise de bronze, une plume d'airain à la main, un visage frais et pensif, et un tableau d'ivoire, où on lisait cette sentence: "Toi qui me vois, garde-toi de me toucher ;  car si tu le fais, tu es perdu." On remit la pierre en sa place. La peur inspira la fuite. Peu de temps après, quelques-uns plus har­dis étant entrés ont trouvé cette pierre réduite en poussière. 
           Les magistrats, ayant avec eux le révérend père gardien des Cordeliers et quelques principaux du couvent, ont fait une perquisition exacte ; ils ont  trouvé des manuscrits en caractères gothiques qui sans doute ne manqueront pas de donner de l'émulation aux savans qui jusqu'ici ont travaillé avec grand soin à pénétrer le sens des centuries qu'il nous a laissées, et qui sont assez connues en Europe pour éviter d'en faire ici un nouveau détail.             
OUVERTURE DU TOMBEAU DE NOSTRADAMUS A SALON DE PROVENCE

              Le reste de la brochure est plus sage. On y apprend le temps de chaque saison des années qui viennent, l'horoscope des divers signes du zodiaque, un peu de médecine populaire, bref tout ce qui fait un almanach bien constitué. 
              Le texte n'est pas rare, et a été repris au fil du temps, sur 1 ou 2 siècles, dans toutes sortes de villes, par toutes sortes d'imprimeurs. 
              Mais voilà : ces livres de colportage ont tous été détruits au fil du temps, et sont devenus rarissimes. 
               Cette édition toulousaine, faite par Jean-Marie Corne l'année même de sa mort, est tombée toute entière au champ d'honneur de la bibliophilie, et cet exemplaire semble bien être le dernier d'un tirage qui devait, à coup sur compter plusieurs miliers d'individus. 
                Sic transit gloria mundi.  Ce ne sont pas les plus gros tirages qui se conservent le mieux... — au contraire !!! (Vous noterez ça dans le recueil de mes maximes de sagesse bibliophile).
                Il faut dire que la qualité du papier, la typographie hésitante, le tirage "à la goulamas" (acò se dis a Tolosa) des gravures sur bois pour le moins séculaires (estimation basse : elles ont un petit air 17e...), si tout ça nous fait, à nous, pervers dépravés du XXe siècle, battre  le coeur et verser des pleurs de joie, il faut bien reconnaitre que pour les languedociens et gascons du XIXe , ça ne valait pas tripette, et ne nécessitait pas un classement au patrimoine culturel de l'humanité.

8 décembre 2011

Louis XVII, Jean III : histoire de rois de France (?) et de vin de messe à Lunel

La Fleur de lys, revue de Lunel 1897
           Petite revue, sans grande importance, publiée à LUNEL (Hérault) le 20 décembre 1897.
           Mais si rare!
           Je n'en ai trouvé mention que dans : Revised catalogue of the J. Sanford Saltus Collection of Louis XVII books in the Library of the Salmagundi club, New-York, 1908. Et encore, le bibliographe, qui ne l'a pas eu en main, ne sait ni son adresse ni son aspect. 
          Précisons donc : La Fleur de lys, revue trimestrielle de la question Louis XVII. - Première année, N° 1, 20 décembre 1897. -  48 p. , 14 cm. 
Administration et rédaction chez M. C. Gabaudan, à Lunel, Hérault. - Imprimerie J. Fournier, à Toulouse. 
La Fleur de lys, revue de la question de Louis XVII
           L'éditorial précise :
          "Nous sommes avant tout catholiques… En politique, nous sommes légitimistes.
           Le représentant actuel de l'antique Légitimité française est Charles XI, fils de Louis XVII, jadis méconnu sous le nom de Naundorff…" 
          D'où un certain étonnement devant la dédicace de la revue  A la mémoire du Duc de Berry alors qu'elle est finalement destinée à "détrôner" son fils, le duc de Bordeaux, rejeté dans les branches cadettes de la légitimité des Bourbons. On comprend mieux quand on lit dans la revue que le duc de Berry, fils de Charles X était décidé à reconnaître Louis XVII (Naundorff) et à lui laisser son trône. C'est d'ailleurs pour ça que le duc de Bordeaux aurait refusé de devenir roi. 


          La revue comprend deux articles : Anthropologie bourbonienne signé Osmond et Note biographique de Louis XVII, non signé. 
Charles XI, roi de France en 1866 et son étendard brodé à genoux par de saintes religieuses
Monsieur, frère du roi et la princesse Marie-Thérèse
          On voit défiler toute la famille de Charles-Guillaume Naundorff : ses enfants, ses petits enfants, etc... 
          In fine, nous comprenons tout, d'un coup : pourquoi Lunel?  pourquoi C. Gabaudan, viticulteur se lance dans cette aventure éditoriale, et pourquoi la publicité pour le vin de Lunel, rouge, muscats, ou de messe?
Le futur Jean III de France marchand de vin à Lunel
 En fait, voici l'histoire : 
Jean III, roi de France et son frère Charles-Louis, Monsieur, à Lunel en 1897
          Les princes Auguste (le futur JEAN III) et Charles, neveux de Charles XI, petits fils de Naundorff, demeurent à LunelAuguste a épousé une petite-fille Gabaudan.  Ce qui explique cette revue. 
          Ils y sont négociants et prétendent ne pas déroger. "Voilà plusieurs années que nous sommes dans le Midi et notre intention est d'y planter notre tente. Or, dans le Midi, il n'y a guère qu'un seul commerce prospère, c'est le commerce des vins : nous allons nous y livrer" (p. 46) 
          Mais "notre nom ne paraîtra pas en public et un intermédiaire dévoué sera là pour voiler tout ce qui devra échapper aux regards indiscrets".  Cet intermédiaire dévoué et pudique, c'est bien sûr  C. Gabaudan, le beau-père  spécialisé dans la vente de  "Vins rouges de table genre Bourgogne", de "vins muscats"  de  "Vins de messe rigoureusement conformes aux prescriptions liturgiques". 

           Malgré l'appel à tous les amis  d'"exercer une propagande active en vue de faciliter un grand tirage à cette revue", c'est un fiasco, et il n'y aura jamais qu'un numéro, assez mal diffusé pour que personne ne l'aie jamais vue. 
           D'où cette notule. 

        Lecture facultative pour ce qui suit, copié sur le site des partisans de Louis XVII-Naundorff : 

AUGUSTE-JEAN-CHARLES-EMMANUEL, Duc de Bourgogne, né à Maestricht le 6 novembre 1872, décédé à Paris, 1er juillet 1914. Associé de la Maison Gabaudan, commerce de vin à Lunel (Hérault); 1903 directeur d'une société de sondage et de forage. Marié à Lunel (Hérault) civilement le 7 février, religieusement le 8 février 1898, à Fanny-Marie-Magdelaine Cuillé, des Cuillé de Larocque de Carrodonte, dont un fils Henri*-Charles-Louis qui suit (voir A/a/a).
A la mort de son oncle le roi Charles XI, il se déclara Chef de famille (voir l’Introduction) et prit, comme Roi de droit, le nom de Jean III.
Fanny-Marie-Magdelaine* Cuillé, née à Perpignan le 18 juillet 1876, décédée à Orléans le 6 mars 1917.
Fille de Marcel Cuillé et de Claire Gabaudan, à Alger.

HENRI-CHARLES-LOUIS, Dauphin de France, né à Lunel (Hérault), en France, le 27 novembre 1899. Après la mort de son auguste père il devint Roi de droit sous le nom de Henri V. En 1936 il prit « pour ses familiers et fidèles » le titre de Duc de Bourgogne. Marié à Casablanca le 14 mars 1928 à Florence Greenhill. Engagé pour la durée de la guerre dans l'Armée française (artillerie) le 25 janvier 1918, démobilisé le 25 janvier 1921. Engagé volontaire pour cinq ans au titre de la Légion Etrangère, le 4 octobre 1922; démobilisé le 4 octobre 1927. Mobilisé à nouveau le 2 septembre 1939. Sous-officier, Croix de guerre T.O.E., Croix des Anciens Combattants, Médaille coloniale, Médaille du Riff, Médaille commémorative de la Grande Guerre. Agent à la Compagnie algérienne de décembre 1927 à 1929. Puis à la Socony Vacuum Oil Company de 1929 à juin 1930. Enfin à la Société Cormick, de septembre 1930 à octobre 1945. Actuellement agent technique dans la Société métallurgique à Casablanca (Maroc).
Sans postérité.
Florence Greenhill, de nationalité britannique, née à Bournemouth (Hants) Angleterre, le 14. avril 189 2. Fille de Frédérick William Mc Lean Greenhill et de Mary Watts Gronut, à Bournemouth (Hants). Descendante d'Edouard 1er  Plantagenêt, Roi d’Angleterre, Seigneur d'Irlande, Duc d'Aquitaine, couronné 1274.
Il laisse le souvenir d’un Prince très bon, qui resta fidèlement dans la ligne de conduite de son oncle et prédécesseur, Louis-Charles (Charles XI) soutenu d’ailleurs par Foulon de Vaux qui, après avoir été près de Charles XI ce que le Comte Gruau de la Barre fut auprès de Louis XVII, continua au Prince Jean son dévouement et sa fidélité.
D’instruction étendue et d’éducation soignée, s’harmonisant avec une distinction native, le Prince Henri de Bourbon ne montra aucune velléité de se lancer dans la politique, mais il maintint ferme son droit d’Aîné de France, tout en se créant au Maroc une situation qui lui permit de vivre, puisque descendant de nos Rois, il doit demander au travail ses moyens de subsister.
Il eut un fils :

6.2.1 Henri-Charles-Louis. (Henri V de droit) (1899-1960)
 Né à Lunel (Hérault) le 27 novembre 1899, décédé le 9 janvier 1960 à Beaumont (Val d’Oise).
Marié à Casablanca le 14 mars 1928 à Florence Greenhill.
(La Princesse Florence de Bourbon descendait de la Maison de Courtenay, famille française remontant au XIe siècle, alliée aux Capétiens par le mariage de certaines de ses filles, et qui donna deux empereurs latins de Constantinople au XIIIe siècle. Une branche cadette se fixa en Angleterre et donna en 1336 les comtes de Devon, d’où descendait la princesse Florence.)

Sans postérité.
 

27 novembre 2011

Une spiritualité protestante suspecte chez Le Libertin de Montpellier : Attention, dernier exemplaire!

Méditations spirituelles par Daniel Peyrol
MEDITATIONS 
SPIRITUELLES
Desquelles on peut user en la 
prière, mesmes au temps 
d'adversié, & quand on a 
besoin d'estre consolé par 
l'esprit de Dieu
par
Daniel PEROL, ministre du 
S. Evangile en l'Eglise de 
Mont-pellier.
A Montpellier
par Jean GILLET
M.DCIII.

          Encore un livre dont, me semble-t-il, il n'existe plus que cet exemplaire. Jean GILLET, qui est rappelons-le, le premier imprimeur établi à Montpellier et qui signe aussi ses éditions : Le Libertin,  est décidément spécialiste de ces surprises. Je reste persuadé que sa bibliographie connue n'est qu'une petite partie de sa bibliographie réelle : il éditait surtout des livres protestants plus ou moins orthodoxes (y compris chez les Réformés eux-mêmes) et il a disparu corps et biens lors du siège de Montpellier de 1622 où les Protestants ont été fort malmenés par Louis XIII et la population catholique réunis. A l'issue du siège, il ne faisait sans doute pas bon d'être trouvé en possession de livres hérétiques et beaucoup d'entre eux ont été détruits ou cachés. Les églises catholiques et les livres réformés ont été de grosses victimes des féroces luttes religieuses montpelliéraines.
         Donc, les livres imprimés par Jean Gillet ont une facheuse tendance à disparaître.
         Nous allons voir que ceux de DANIEL PEYROL, l'auteur de notre ouvrage ont le même penchant .
          DANIEL PEYROL, naît à Die, dans la Drôme, vers les années 1560. Son père y est Procureur du roi.
Cette origine drômoise explique la dédicace du livre à Très sage et vertueuse Dame Jeane d'ALIAN, Dame du POËT, qui est plongée dans "un océan d'amertume" par la mort de son mari, le Seigneur du POËT, gouverneur de Montélimar et de Crest, que CALVIN disait "général de la Religion en Dauphiné".
         Ce Louis de BLAÏN avait été un des premiers lieutenants du duc de Lesdiguières en Dauphiné.  Terrible guerrier, il avait aussi introduit l'imprimerie à Montélimar. Son genre de mort tant estrange, suite à un duel avec René de La Tour Gouvernet le 11 avril 1599 est ressenti par sa veuve presque comme un deshonneur. Ces Méditations spirituelles sont destinées à "remettre [la dame] sur le nuage d'un esprit tranquille et reposé."
          Apparemment, le message est passé puisque la dame se remaria rapidement avec Louis de Bologne, et mourut en 1612.
Dédicace à Jeanne d'Alian , dame de Poët

          En 1578, PEYROL entre dans la Compagnie de Jésus et il est encore Jésuite lorsqu'en 1596 il renonce à l'héritage de son père.
          Or, après 20 ans chez les Jésuites, le voici en 1598 demander à devenir pasteur de la Religion réformée à Montpellier, et être nommé tel lors du synode de Saint-Germain-de-Calberte en 1599, proposé par Jean GIGORD, lui-même pasteur montpelliérain.
          La même année, il se marie avec Marie BONNENCONTRE. C'est un riche mariage, puisque c'est grâce aux libéralités de Marie PEYROL que sera construit en 1608 le Petit Temple de Montpellier, près du porche d'En Rouan.
          Malgré sa nomination, malgré son mariage, le pêché de jésuiterie pèsera toujours sur les épaules de PEYROL. Jugé par ses pairs "plus brillant que profond", "nature ardente et passionnée, plus ardente que réfléchie", il restera toujours un peu suspect.
          Ses Discours familiers touchant la certitude du salut publiés chez Jean Gillet en 1611 sont condamnés par le synode de Montpellier de la même année et si PEYROL est blanchi par le synode de Privas l'année suivante, c'est à la condition que "les pasteurs de l'Eglise de Montpellier veilleront [lisons : surveilleront] ses prédications et leçons".
          Notons que le seul exemplaire connu de ces Discours familiers, jadis à l'inventaire de la Faculté de théologie (protestante) de Montauban, semble avoir lui aussi disparu.
          En 1626, PEYROL est déposé pour apostasie par le synode national de Castres. Mais après rétractation de son abjuration, le 18 avril 1627, il est rétabli dans ses fonctions de pasteur et de professeur.
          André Delort, le chroniqueur de Montpellier nous raconte cette scène fort animée:
          Le sieur Peyrol, ministre de ceste ville, qui avoit faict abjuration de l'hérésie entre les mains du Père Regourd jésuite, s'en allant à Béziers où il la devoit faire publiquement, son filz, qui en eut quelque ouïe, courut après, et l'ayant trouvé à Pézenas, le fict revenir en ville le dimanche 18e avril, n'ayant pas eu le courage de luy résister et d'achever ce qu'il avoit si bien commencé. Il ne feut pas plus tost arrivé, que sa femme se jetta entre ses bras, le suppliant de ne pas l'abandonner, luy représentant que s'il se faisoit catholique, on l'obligeroit de la quitter pour rentrer chez les Jésuites d'où il estoit sorti. Son filz, qui estoit unique et desjà docteur et mesme avocat, ne manqua pas aussi de le dissuader de son dessein, joint encore aux semonces de tous ses parens et amis, de manière que toutes ces considérations prévaleurent malheureusement pour luy à celle de son salut.
          C'est que depuis 1604, il est professeur à l'Académie protestante ou Ecole de théologie de Montpellier dont il a rédigé le réglement.
         A partir de 1629 ou 30, il est pasteur et professeur à Nîmes, où, nouvelle incartade, il approuve un livre intitulé De l'obéissance que les Chrétiens doivent à leurs magistrats et princes souverains où les Protestants ne sont pas ménagés, puisqu'on y lit  qu'il ne s'est presque pas présenté d'occasion de brouiller l'Estat que ceux de la Religion [réformée] ne l'aient embrassé.

          Contre vents et marées, PEYROL reste quand même pasteur et professeur jusqu'à sa mort le 13 janvier 1636, à Nîmes. 
          Ajoutons cependant à sa bibliographie un autre livre, lui aussi disparu, lui aussi chez GILLET, publié en 1605 : Theses theologicae propugnate... 
          On peut vraiment parler pour les deux compères de syndrome bibliographique de dispartionnite aigüe.
          Mais sans doute que ni les Protestants ni les Catholiques ne s'étaient beaucoup attachés à ces livres.
Méditations spirituelles de Daniel Peyrol
          Le petit sonnet vengeur que lui dédie Jean DE RICARD, son affectionné disciple en nous parlant de l'envie qui est toujours le support des pires et l'ennemie des meilleurs nous en dit beaucoup sur l'accueil que reçut ce gentil effort que sont les Méditations du Sieur PEROL.

GENTIL EFFORT.
          Ce petit livre (208 p. in-12) est structuré comme seuls savaient et aimaient le faire les Jésuites, rompus à la discipline des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola.
          Les quinze méditations sont chacune divisées en trois mouvements.
          D'abord un PREAMBULE qui donne en trois courts paragraphes (des paraphrases de l'Ecriture) le thème de la méditation.
          Ensuite, un SOUSPIR, sous forme d'un sonnet octosyllabique pour provoquer une effusion de l'âme.
          Enfin, une EXEGESE en prose (sauf pour la 6e sur la mort de Jésus et la 9e sur la Cène qui sont en vers), morceau de rhétorique affective qui peut aller jusqu'à 18 ou 20 pages.
Un passage à la limite de l'orthodoxie protestante
          Il s'agit, comme chez Loyola, d'associer intimement méditation et prière car méditer sans prier, c'est concevoir et n'enfanter point. Au contraire, prier sans méditer, c'est avorter (p. 5).
          Chaque exégèse suit par ailleurs un schéma en quatre temps :
               * Nous ne sommes pas digne de Dieu, nous ne méritons que son courroux.
               * Mais par la grâce, nous espérons notre salut et...
               *... la défaite de nos ennemis : que ceux-ci soit maudits.
               * Que Dieu protège le Roi, la Monarchie et l'Eglise réformée.
          Les métaphores et comparaisons de PEYROL étonnent. Ça sent les envolées de l'Ancien Testament, mais aussi l'Apocalypse et les Epitres de Paul, ça sent surtout les entrelacs baroques d'un Du Bartas ou d'Aubigné.
          Attendu que nos iniquitez ont esté entassées l'une sur l'autre, elles ont ésté amoncelées en plus grand nombre que le sablon qui est espart sur le rivage de la mer, ou sur les plaines aréneuses de Lybie. Elles ont enténébré l'air par leur ombre. Elles ont évaporé leur puanteur jusques aux nues. Elles ont poussé leur hurlement jusqu'au ciel. Elles ont ont emply le monde de leur ordure...
Un style baroque

          Et, sur la vanité des choses humaines :
         Allez et tempestez après vos foles entreprises! Courez à la poursuite et à la prise des papillons. Accouplez-vous aux nues, aux illusions, aux prestiges, et en procréez tant de monstres, tant de Centaures qu'il vous plaira! Traversez les grandes mers, et les montagnes! Et sachez, après avoir pris beaucoup de peine que vous ne rapporterez d'autre salaire qu'un repentir. 
          Au fil du texte, ligne après ligne, un bestiaire compliqué est mis en coupe réglée par la rhétorique. Tout y passe,  et la nature la plus tendrement familière voisine avec les bestioles les plus singulières et hostiles :
          L'avare est ensevely vif dessous terre comme une taupe. Il couve dans son estomach l'oeuf de vipère, pourrait-il éclore le pigeonneau? (p. 48)
          C'est qu'il faut, pour maintenir la méditation, à tout prix faire image et couleur. Nous sommes là entre les décors marginaux des enluminures médiévales où les harpies cotoyent les colombes et les chromolithographies où les couleurs explosent sur la creste des crocodiles et des dragons (p. 34)
          Certes, Certaines petites menues gouttes de beauté, de bonté, de droicture, sont éparses et semées par cy par là sur le visage des créatures (p. 140), mais la tonalité générale est loin de l'impressionnisme.

          Finalement, nous avons là une spiritualité protestante assez complexe faisant largement appel à l'affectif et à l'imagination, mais encadrée dans des règles assez rigides. Nous sommes, dans la forme, assez proches de la spiritualité jésuite contemporaine. Mais PEYROL s'en éloigne quelque peu par une vision tragique de la chute de l'homme et de la grâce salvatrice.

          Quant à l'exemplaire présenté, il porte un ex libris
          Le Sieur Anthoine Azemar ma donné le presant livre à moy quy suis son humble [serviteur?] ce 24 mars 1624 Aurouze.
          C'était un cadeau sans trop de prestige. Le livre est relié très sommairement d'un parchemin de médiocre qualité, sans carton pour les plats, usé avec le temps mais il ne devait déjà pas être brillant en 1624.
          Le papier d'impression est lui aussi de qualité médiocre, assez mou et sans filigrane apparent. Il laisse parfois traverser l'encre à son revers, surtout lorsque Gillet utilise ses fers typographiques pour des bandeaux ou culs-de-lampe. Mais les lettrines sont souvent amusantes.


1 octobre 2011

Petit et moche, mais unique : un livre inconnu du premier imprimeur de Nîmes

Je viens d'acheter un livre qui n'a pas beaucoup d'atouts pour lui.
La page de titre - ce qu'il en reste - a été remontée sur papier blanc sans beaucoup de soins. 

Sébastien Jaquy (Nîmes) Formulaire des lettres
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Le relieur semble avoir voulu économiser son cuir, une basane 17e, au maximum en jouant du massicot à tour de bras. Aucune marge ne dépasse 2 mm., et beaucoup de lettres ont frôlé le couperet d'un poil. On imagine le massacre dans la pagination et les signatures! 
Il est vrai que l'imprimeur avait donné l'exemple. L'imposition (in-16, 236 p) est si étriquée qu'au niveau du dos, la couture a du mal à laisser lire l'extrémité des lignes. Même d'aussi mauvaise qualité que celui-lài, on a voulu économiser le papier à tout prix.

Ce livre est un modèle de mesquinerie et de lésine, puisque même l'encre a été rationnée. L'impression est au mieux grisâtre, et parfois si pâle qu'un utilisateur (je n'ose penser à un remords de l'imprimeur) a repassé quelques lettres à la plume.

Pourtant, la reliure a été voulue solide. Certes, c'est une simple basane, mais les coutures sont serrées, le carton des plats est d'une épaisseur remarquable, et si quelques galeries de vers affectent le dos, les coiffes, les mors et les coins ont tenu bon.
Ce livre n'est pas un livre décoratif, c'est un usuel destiné à servir à des praticiens du droit. 

Nîmes 1613 Formulaire de lettres

 
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Bon maintenant que j'ai décrit mon laideron, il me reste à justifier mon achat coup de cœur.

Sa page de titre est alambiquée :

Formulaire des lettres qui se despechent ez cours de Nismes.
Tant de Monsieur le Seneschal du siège présidial que ordinaire et convenans royaux dudict Nismes
Edition sixième
En la quatorzième page est le privilège et après suivant la rubrique.
A Nismes, par les hoirs de Sébastien Jaquy

La date a (sans doute) sauté à la reliure, mais nous verrons qu'elle ne peut être que 1613.
Il n'y a pas d'auteur, mais pour nous, cette compilation est l'œuvre de  l'imprimeur-éditeur.

On s'étonne d'une indication si  ostentatoire du privilège. Filons donc vite p. 14. Le privilège est attribué pour 6 ans à Sébastien JAQUY, imprimeur de la ville de Nismes, et daté du 3 octobre 1607.
"Et après…", c'est à dire page 15, se trouve une Continuation du privilège du Roy accordée le 18 aoust 1613 à  Marie NEGRE, relaissée et héritière de feu Sébastien Jaquy, pour 3 ans à compter du 3 octobre 1612.

Imprimerie Sébastien Jaquy Nîmes 1613

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Ceci nous incite à chercher un peu qui était feu Sébastien JAQUY.
Il est né à Chanucle, diocèse d'Embrun, en Dauphiné,  au milieu des années 1550. Il est fils d'un notaire royal (c'est pour ça que nous lui attribuons ce formulaire d'écritures juridiques). Il fait son apprentissage d'imprimeur à Lyon, puis, informé que les Consuls cherchent un imprimeur, s'établit à Nîmes en 1578. Il y imprime un livre de chirurgie (au titre assez bizarre) :  "Questionnaire des tumeurs contre nature" à titre d'examen de capacité.
Les Consuls, satisfaits, lui font un pont d'or pour le fixer à Nîmes. Souvenons-nous qu'à cette époque, et pour 20 ans encore, ni Montpellier, ni Marseille ne possèdent d'imprimerie. Supplanter ces rivales coûte à la ville 80 écus d'or, plus une maison assez vaste pour servir de maison et d'atelier. Mieux, on l'exempte "sa vie durant" de tailles et charges. Deux libraires, Antoine Goset et César Lucquet sont témoins du contrat le 24 février 1579.
Il commande aussitôt plusieurs "fontes" à Lyon : 40 000 lettres en Athanase, 50 000 en Garamond, 6 000 en Palladine, plus un alphabet de "lettres grises" (lettrines) et 12 livres de vignettes (fleurons ou autres ornements typographiques)  en fonte.
Le 10 décembre de ma même année, il épouse Isabelle Hébrard, fille d'un "hoste" (hôtelier) de la ville.
Les affaires marchent assez bien jusqu'à ce jour du 8 mai 1590 où, coupable d'un meurtre, il s'enfuit à toutes jambes. Il ne lui faut qu'un an et demi pour obtenir d'Henri IV des "lettres de grâce" (d'amnistie). Il revient à Nîmes et le 25 décembre 1591 exprime sa grande contrition de cœur devant le Consistoire (protestant) de Nîmes.
Mais entre temps, les consuls ont fait venir de Lyon un nouvel imprimeur nommé Malignan avec qui il faut désormais composer.
Nous savons qu'il se remarie ensuite avec Marie Nègre (notre "relaissée et héritière") et qu'il meurt le 21 mars 1612.
Albert PUECH, dans une communication à l'Académie de Nîmes publiée en 1883 recense, tout compris (livres , opuscules ou placards) 23 productions de JAQUY.
Louis DESGRAVES, dans la Bibliotheca aureliana (tome 97, 1983), en énumère, pour le 17e siècle seulement, 13. Le dernier  est une Défense de la vérité catholique, et troisième anti-jésuite, livre protestant de Jean de Serres, le frère d'Olivier, daté de 1610.
Aucun des deux ne fait mention de la veuve.
Il semble que celle-ci ait cédé, vers 1613 ou 1614, l'imprimerie à Jean Vagvenar qui meurt en 1624.
Aucun des deux ne connaît notre livre, qui manque à la Bibliothèque de Nîmes ou de Montpellier, à la BNF, et est absent du Catalogue Collectif de France. 


Est-ce un grand manque? A chacun de juger. Deux ou trois autres éditions (sur au moins 7) existent encore, pour ceux qui seraient en manque de formulaires administratifs.

Pour les autres, eh bien, disons qu'il y a toujours une émotion certaine à découvrir un UNICA (exemplaire réputé unique, seul vestige d'une édition disparue, mangée par le fil du temps), et, dans ce cas précis, un IMPRIMEUR INCONNU (la veuve JAQUY), et donc un petit bout de l'histoire de Nîmes.