26 juillet 2018

GASPARD RICHER de BELLEVAL éphémère maire perpétuel de Montpellier à 17 ans : ça eu payé, ça paie plus !


1692. Louis XIV, à court d'argent, décide de créer des charges de MAIRE PERPÉTUEL et de les vendre.
En général, les gens ne se bousculent pas trop pour acheter ces charges, aux contours assez mal définis.
Outre des émoluments variables selon les villes, elles exemptent de la taille (impôt foncier) personnelle, de l'octroi et autres impôts, elles dispensent d'héberger la soldatesque de passage, et vous désignent d'office (comme "député-né") pour représenter la ville aux États de la province, lorsqu'il y a États (c'est le cas chez nous). Vous disposez aussi d'une clef des archives communales.
Et surtout, c'est vous qui convoquez et présidez la réunion des Consuls, et fixez l'ordre du jour des séances du Conseil.
À Nantes, par exemple, ville comparable à Montpellier, la charge est mise à prix à 60 000 £. Elle se vend 60 020 £ .

À Montpellier, même mise à prix : 60 000 £ .
Georges RICHER DE BELLEVAL (1646-1693), Président dans la Cour des Comptes Aydes et Finances, veut la place de MAIRE PERPÉTUEL DE MONTPELLIER.


En aôut 1692, il découvre le décret de création. Il envoie en urgence un messager à Paris pour que le Sieur Bize offre en son nom la somme demandée.
Peu après, il apprend qu'il y a surenchère. Nouveau courrier spécial à Paris




Nouvelle surenchère. Là, il se rend à Pézenas (où siègent, pour la dernière fois en 1692, les États) pour enchérir à 68 250 £ auprès de l'Intendant ou du Gouverneur.



Làs! À Paris, les enchères s'envolent. Richer de Belleval s'affole et y envoie successivement 3 courriers spéciaux ! Finalement, il remporte l'enchère, mais à quel prix ! 120 000 £ , soit le double du prix escompté.

C'est cher, d'autant que les frais annexes (les fameux "deux sols par livre", soit 10%,  de droits d'enregistrement surtout,) s'accumulent.
Et si au moins, Georges de Belleval pouvait en jouir en bon père de famille!
Mais à Montpellier, c'est une véritable levée de boucliers : les Consuls, les officiers du roi, et même ses collègues de la CCAF le considèrent comme un intrus. Il lui faut des mois pour être admis à prêter serment auprès de l'Intendant Bâville, le 6 mars 1693.

Épuisé, il meurt après moins de 3 mois de jouissance de sa place de Maire Perpétuel de Montpellier !!!

C'est son fils, GASPARD RICHER DE BELLEVAL (1677-1731) qui hérite de la charge.
Il n'a que 17 ans !!! Il lui faut attendre ses 23 ans pour devenir en 1700 simple Conseiller en la CCAF (il en sera un des présidents en 1715).
Maire de Montpellier à 17 ans !

On imagine la réception enthousiaste qu'il a dû recevoir des Consuls et autres officiers !

En 1700, il jette l'éponge. Il devient Conseiller en la CCAF, et accepte que la Ville de Montpellier lui rachète son office.
Pour faciliter les choses, Belleval accepte d'être payé en "contrats sur l'Hôtel de ville", c'est-à-dire en reconnaissance de dette portant intérêt (une rente).

La somme finale est fixée à 135 442 £ .
120 000 £ du prix d'achat,
12 000 £ pour les 2 sols par livre payés lors de l'achat
et
3442 £ de "frais et loyaux cousts" , comme dit l'édit autorisant en France ce type de rachat (de "réunion" au domaine communal).


Ce sont ces 3442 £ de "FRAIS ET LOYAUX COUSTS" (peu de chose, en fait), qui font l'objet de ce manuscrit.
Les demandes de Gaspard Richer de Belleval sont transmises à l'intendant Lamoignon de Bâville pour arbitrage.
Et ce dernier n'est pas tendre ! Presque partout, il note en marge : "RAYÉ" ! c'est-à-dire : Refusé !
Souvent, il met en doute la loyauté même des "cousts" .

Le premier groupe de demandes de remboursement concerne les frais de communication engagés pour acheter la charge. Nous avons vu Georges de Belleval envoyer une procuration à Paris (300 £), y envoyer un messager spécial (30 £), aller en poste à Pézenas, y séjourner et en revenir (100 £) et finalement envoyer 3 messagers spéciaux successifs à Paris : frais de voyages, de séjours, et autres : 2000 £ !
Bâville est assez caustique : D'abord, ces paiements se sont faits de la main à la main, sans quittance, ce qui met en question leur réalité.
Ensuite, il défend le "service public" bec et ongle. Pourquoi envoyer un messager à Paris, puisque les enchères pouvaient être reçues à Montpellier ?
Et même si on envoie un messager, pourquoi ne pas envoyer à Paris une procuration par courrier ordinaire "comme on fait tous les jours pour ces sortes d'affaires". Avec une cinquantaine de livres, on s'en tirait au lieu des 2 000 £ demandées.
Remboursement refusé !

Suivent les frais administratifs.
La première demande est maladroite. Elle concerne 100 £ "données pour les peines de ceux qui ont sollicité son affaire" . Ce lobbying, pour ne pas dire ces pots-de-vin agacent Bâville : ils considère que ces employés n'ont peut-être rien reçu.
Il réduit ensuite aux frais réels, dirions-nous, les taxes diverses (140 £ a lieu des 400 £ demandées).

Une autre demande de 2 000 £ est assez étonnante, et donc refusée.
Belleval dit que, les transactions ayant duré 6 mois, il a dû bloquer 80 000 £ qui donc ne lui ont rien rapportées. Il réclame 2 000 £ pour les intérêts (5%, le denier vingt) qu'il a perdu.
Bâville est cinglant : les intérêts d'une somme ne sont dus que si l'emprunteur a joui du capital. Or, ce capital est bel est bien resté dans les coffres de Belleval, et non dans ceux de la Communauté de Montpellier. Belleval a agi "de son propre mouvement et pour son intérêt particulier" et la Ville n'a pas à le rembourser.

Pire ! Le Sieur Belleval réclame divers frais d'installation, de représentation ou de procès qui ont en fait été payés par la Communauté de Montpellier ou qui ont été réalisés gratis.
Là, on passe de la tentative naïve à une tentative à la limite de l'honnêteté.

Bâville réduit une demande de 100 £ à 20 £, car c'est le tarif commun, et " il n'y a pas apparence que Monsieur de Belleval qui estoit président à la Cour ait payé plus qu'un autre" !
De même pour les frais d'installation du fils qui ont déjà été payés par le père et qui ne se payent qu'une seule fois et que l'ex-maire demande 2 fois (ceux de son père et les siens).



Enfin, Belleval réclame 2 400 £ pour des frais de séjour à Paris où il a sollicité pour des affaires de la ville.
Réponse de Bâville : Belleval était à Paris pour ses affaires personnelles, et il s'exclame avec indignation : "Mais enfin, c'est la Communauté qui a payé tous les frais" !!

Et il met enfin les points sur les "i" :
"CELLA N'AYANT ÉTÉ FAIT QUE POUR SON PLAISIR OU POUR SES UZAGES SANS AUCUNE NÉCESSITÉ, AINSY S'IL A VOULU FAIRE LA DÉPENSE IL LA DOIT SUPPORTER ".


Trois enseignements majeurs dans ce manuscrit :

* Le souci de la COMMUNAUTÉ ET VILLE DE MONTPELLIER DE CONSERVER L'ÉLECTION DE SON MAIRE (même si celle-ci à la fin de l'Ancien Régime n'est pas un modèle de démocratie populaire). Elle est prête à s'endéter de 135 000 £ pour retrouver ce droit.

* Un poste qui finalement rapporte peu mais donne quelques privilèges et assure représentation et notoriété est l'objet d'une grande convoitise. 

* Un maire de Montpellier, au XVIIe siècle, essaye de retirer le plus de profits matériels possibles de sa situation. Le flou des comptabilités laissait souvent entrer un loup dans la bergerie des finances municipales.
Mais l'Intendant effectue un contrôle efficace ! 
Aujourd'hui, la Cour des Comptes vérifie, en temps réel grâce à la dématérialisation de la comptabilité, toutes les opérations financières de la ville.

11 juillet 2018

Minerve et Napoléon sur l'Esplanade de Montpellier



1803. Napoléon perçait sous Bonaparte. 
On dit "Napoléon", tout court. Ou bien "Le Consul" plutôt que "le premier consul", tant la distance avec ses suivants s'est allongée.

Cambacérès, lui, est Cambacérès, consul et citoyen. Il est en train de placer autour du Premier consul une cohorte de montpelliérains : Chaptal, Cambon, Daru...  (la future  d'Abrantès s'est placée toute seule).
On le connait encore assez bien, ici, il n'a quitté la ville que depuis une dizaine d'années. 
On s'adresse à lui pour accéder au Consul.

Monsieur BILLOIN, ingénieur en chef du département de l'Hérault, malgré ses 71 ans bien sonnés et sa retraite annoncée pour 1805 aimerait terminer sa carrière en feu d'artifice (il mourra en février 1806, mais il ne le sait pas). 
Un mémorialiste de l'époque (Auguste de Labouisse-Rocheford) l'accuse de vouloir "traiter Bonaparte à la Louis XIV". Tant pis.

Avec la complicité de J.P. Blanc, architecte, il dresse son projet, recueille un aval discret de la ville, et hop, envoie le tout au second consul.
Quand celui-ci, qui est poli, répond poliment trois mots policés, on édite une plaquette soignée (à petit nombre), et on passe à la postérité, si toutefois une de ces plaquettes y passe. Las! le si consciencieux et étendu Catalogue Collectif de France n'affiche aucune bibliothèque possédant ce document.
Celle que je présente est-elle l'unique témoin de ce projet oublié?


La plaquette est assez modeste : 16 p. in 4° imprimées à Montpellier, imprimerie Fontenay-Picot, rue des ci-devant capucins, sans date (1803).

Le projet est des plus ambitieux.

Le lieu : à Montpellier, entre le Champ de Mars (aujourd'hui jardins de l'Esplanade) et la Citadelle (aujourd'hui Lycée Joffre et bastions).

La motivation : dans un français si amphigourique qu'il en cahote dans l'obscurité, M. A. Billoin clame son admiration pour le HÉROS TUTÉLAIRE (c'est lui qui majuscule) de la France.
Napoléon est courageux, héroïque même, habile, sage, modéré, prudent, zélé, infatigable, valeureux, victorieux, et surtout, il apaise les tempêtes (que d'autres nomment Révolutions).  Peut-être peut-il aussi guérir, tout au moins réconforter le riche "étranger, attiré dans notre ville pour y rétablir sa santé"?
A titre de comparaison Cambacérès, lui, n'est que prévoyant, mais tire tout son éclat d'être "rapproché de sa gloire".

Pour attester de la gloire du Héros, rien ne vaut un bon investissement dans la pierre (puisque, on l'a vu, les brochures s'envolent).
Ce sera
PORTIQUE DE MINERVE, 
À LA SAGESSE ET VALEUR DE 
NAPOLÉON BONAPARTE, PREMIER CONSUL, 
PAR LA VILLE DE MONTPELLIER 

Finalement, on est surpris du titre donné au monument : un portique? Que nenni, c'est un Temple qu'il eut fallu édifier à ce Saint protecteur de la tranquillité publique!

Et que notre triste Citadelle démantelée en profite pour se cacher derrière ce monument!

Il ne s'agit de rien moins que de construire un immense ensemble architectural contenant :

Au Nord (vers l'actuel Corum) : un ensemble immobilier de 16 hôtels (ou maisons) particuliers privés, mais soumis à "un ordre fixe pour la façade",

Au centre : le fameux PORTIQUE DE MINERVE. Long de 280 mètres, profond de 8 mètres, haut de 5,5 m. , il sera percé de 39 arcades donnant sur l'Esplanade. A l'intérieur, une "galerie marchande" (on pense à la rue de Rivoli) contient autant de boutiques que d'arcades.
Le toit de ce portique serait une vaste terrasse, servant de promenade aux montpelliérains.

Au Sud, le PALAIS (ou HÔTEL) DU GOUVERNEMENT, avec sa façade d'ordre ionique et "une partie intérieure semi-circulaire".
A quoi servira-t-il?  En cette période de transition où on ne sait pas de quoi les prochaines institutions seront faites (Préfet? Gouverneur? ), on ne se mouille pas trop. On reprend le nom de l'édifice construit pour les Gouverneurs de Languedoc fin XVIIIe siècle (au bas de la rue de la Loge, actuel Mac Do jusqu'à la rue Jacques Coeur).


Curieusement, c'est l'ornementation de ce Palais qui mobilise le plus l'imagination de notre ingénieur.
Les diverses sculptures veulent de toute évidence être un pendant de celles de l'Arc de Triomphe du Peyrou.
Elles montrent le Premier Consul terrassant la figure hideuse des factions, Minerve montrant "une Gloire, avec le mot IMMORTALITÉ".
"À L'HORIZON, ON VERRA LA MER".

Puis, on bavardera en vers lapidaires alliant NAPOLÉON et MONTPELLIER.

Des STATUES représenteront la SAGESSE, la VALEUR, la PRUDENCE, la GÉNÉROSITÉ.
Pour titiller Cambacérès, des symboles maçonniques sont disséminés ici et là : "un oeil sur la poitrine", une colonne, une règle, un compas une étoile rayonnante...


Malheureusement, les plans envoyés au 2e Consul ne sont pas reproduits dans la brochure. Ils doivent se trouver dans quelque archive parisienne.


MAIS on a besoin du soutien de  Cambacérès !
Le projet est soumis aux aléas des contingences matérielles et financières que lui seul peut résoudre.

Les ingrédients sont nombreux et coûteux :
* le terrain des deux fossés (là où passe actuellement la voie ferrée) qui appartient à l'Etat.
* les deux bastions eux-mêmes (id)
* des terrains ou bâtiments nationaux disponibles dont la vente financerait une partie de la construction (id)
* quelques centimes additionnels, quelques points de TVA (pardon, d'octroi) en plus, et une augmentation des impôts de la Ville...
* sans compter le financement d'investisseurs privés, et d'actionnaires capitalistes, qui construiront de prestigieuses maisons attenantes et contribueront par l'achat de ces terrains constructibles au financement de l'ensemble (un partenariat public-privé, en quelque sorte).

On peut rêver.

On peut imaginer la scène (et elle a dû avoir lieu, tant Cambacérès était attaché à faire remonter la moindre information au futur empereur)  de la présentation des plans à Napoléon.
Cambacérès, impeccable diplomate, traduit la conversation en :  " projet fort beau" qui "doit ajouter à la splendeur de la Ville" ... s'il peut être exécuté

Mais du comment et combien de cette possible exécution, pas un mot, pas un sou, pas un mètre carré de terrain, rien !

Finalement on se demande qui a pu croire que ce projet se réaliserait? Personne, sans doute. Ah! le rêve! 

Je vous laisse lire le projet :












17 juin 2018

Famille de BOCAUD au XVIIIe siècle : archives familiales





La famille de BOCAUD a une importance particulière pour les villes de Montpellier et de Jacou, Clapiers et Teyran.
Un lot d’archives familiales heureusement retrouvé nous permet de suivre l’ascension de cette famille, jusqu’à sa disparition à l’aube du 1er Empire.
Nous suivrons ses alliances très prestigieuses durant tout le XVIIIe siècle, ce qui nous permettra de rencontrer d’autres très grandes familles : les dames de GÉVAUDAN, les SARRET,  les PIERRE d’ARÈNES, les BASCHY DU CAYLA, les SAINT-FÉLIX, les FORTIA DURBAN, les GUIGNARD DE SAINT-PRIEST, les MASCLARY, et quelques autres. 
Cette famille est catholique, pieuse, d'abord engagée dans la contre-réforme, elle se tient à l'écart des polémiques jansénistes (alors que Charles Joachim Colbert fait de Montpellier la capitale du mouvement, et qu'un de Bocaud occupe le siège d'Alet, où Nicolas Pavillon a été un des pionniers du jansénisme).  Un glissement vers une religion plus séculière est sensible au fil du siècle.

J’ai résumé la plupart des documents, et transcrit intégralement quelques autres, surtout autour de la formidable figure d’HERCULE de BOCAUD.
Ceci n’est pas une transcription littéraire ni même littérale. J’ai, selon que ça faisait image ou non, conservé l’orthographe ou non. Pour les transcription intégrales, je n’ai modifié (sauf erreur) que la ponctuation et les accents.  

Tout ceci n'est bien sûr qu'une contribution au travail entrepris en son temps par ANTOINE BLANCHEMAIN dans son livre : Jacou, petit village et grands seigneurs (Presses du Languedoc, 2005) poursuivi par l'association  JACOU, HISTOIRE et PATRIMOINE présidée par Olivier de Labrusse.

En bleu, mes textes de liaison, en noir, les documents. 


DOCUMENT 1
Au premier abord, ce document est hors sujet. Il se passe dans la maison d’Hercule de Bocaud, mais ne semble pas concerner la famille. Sauf que Suzanne de Baschy, la mariée, sera très vite veuve et épousera Jean de Bocaud, le fils d’Hercule.

1700 16 mars

MARIAGE MARC ANTOINE DE PIERRE SEIGNEUR D’ARÈNES   avec SUZANNE DE BASCHY

Fait en la maison de Mre HERCULE DE BOCAUD chevalier seigneur de Teyran, Clapiers et autres lieux pdt Chambre des Comptes, Aydes et Finances (CCAF)

Témoins Isaac Tinière greffier en chef de la juridiction de la bourse commune des marchands  et Jacques Huc ( ?)

Notaire : Bellonnes

MARC ANTOINE DE PIERRE SEIGNEUR D’ARÈNES  lieutenant colonel dans le rgt des dragons du roy
fils de  feu ABEL DE PIERRES SEIGNEUR D’ARÈNES  et de ELISABETH DE SANDRE DE SAINT JUST 
Consentement de sa mère et de FRANÇOISE DE PIERRE VEUVE DE Msre ROSTEIN DAUNANT DE LA VILLE DE NISMES SA TANTE qui a donné procuration à Mre JEAN PIERRE DE PIERRE sg  DESPORTS son neveu
et
SUZANNE DE BASCHY
fille de Mre HENRY DE BASCHY marquis du CAYLA
et de Dame ELISABETH DE RICARD SAUSSAN

DOT MARIÉE
10 000 £  PAR SON PÈRE
Dame de Ricard : 20 000£

APPORT MARIÉ
Elisabeth de Sandre de St Just  nomme led sr d’ARÈNES son fils  AU FIDEICOMIS DE L’HÉRITAGE DU FEU SR D’ARÈNES SON EXPOUX (suivant pouvoir reçu dans son testament)
+ Donne de son chef au Sr d’Arènes TOUS ET CHACUNS DE SES BIENS PRÉSENTS ET À VENIR  se réservant la somme de 8 000£  et pension de 1200 £

Jean Pierre de PIERRE seigneur DES PORTS procureur de Dame Françoise de Pierre vve du sieur DAUNANT  donne au sieur d’Arènes  en premier lieu L’ENTIER DOMAINE QU’ELLE A SITUÉ DANS LES TERROIRS ET TAILLABLES DES LIEUX DU CAYLA ET DE VAUVERT  consistant en maisons, terres, vignes, preds, jardins et autres héritages et voulant par exprès que les droits qu’elle a sur les deux preds appelés de Trente Casterades et des Canelles  par moyen de l’hypothèque de la somme de 11000 £ à elle düe par les consuls de la communauté du Cayla …  soit compris  dans la présente donation
Plus donne le Sieur Desports … donne la maison que la dame Françoise de Pierre vve du sieur DONANT a dans l’enceinte de la ville de Nismes aux deux rues appelées de la ROUSSARIE (COUSSARIE ?) et de CAQUESOL dans laquelle elle habite  avec tout ce qu’il y a DE CLOUÉ ET DE FIXE  et toutes dépendances
plus  tous les meubles denrées bestiaux gros et menu et autres cabaux qu’elle aura au temps de son décès dans le domaine situé aux terroirs de Cayla et Vauvert 
Comme aussi la somme de 14 200 £ qui lui est due par le pays de MINARÈS [vers Bourg Saint Andréol]  et la somme de 2 200 £ qui lui est aussi due par le diocèse de Nimes
La dame exclut de cet héritage ses autres biens et par exprès les meubles vaisselle d’argent or et argent monoye, promesses, obligations lettres de change et autres choses qu’elle aura lors de son décès  plus les sommes qui lui sont dues par la communauté de Vauvert et par celle du Cayla
plus se réserve l’usufruit des sommes données
Se réserve le retour de ces biens en cas de prédécès du donataire et de ses enfants

LE SIEUR D’ARÈNES FUTUR ÉPOUX donne en cas de prédécès à sa future épouse toutes les robes, bagues et joyaux qu’il lui aura fait et donnés  et outre la somme e 6 000 £ d’augment de dot, ensemble son logement dans un quartier de sa maison meublé suivant sa condition tant qu’elle portera son nom

[Suzanne de Baschy, veuve, épousera Jean de Bocaud en 1714]



DOCUMENT 2 

Testament Gabrielle de Gévaudan, Présidente de Matiotte
Surprise ! Entrée de Gabrielle de GÉVAUDAN, veuve Mariotte. Ce n’est pas n’importe qui ! Avec sa sœur Jeanne, elles sont les reines de Montpellier dans la 2e moitié du XVIIe. Jeanne a une liaison affichée avec le Cardinal de Bonzi qu’elle se marie pour convenance avec le comte de Ganges. Elles tiennent les deux plus « précieux » salons de Montpellier, imposent leur modes et leurs manières. Deux livres – satiriques- sont écrits sur ces « belles dames de Montpellier », et se diffusent sous le manteau. Lorsqu’Hercule de Bocaud épouse la fille de Gabrielle, il annexe à sa famille une légende montpelliéraine.
Gabrielle lègue à sa sœur quelques perles du design de l’époque.

On apprend dans ce document que les cadets de la famille de Bocaud prennent, comme les familles de nobles seigneurs, des noms de terres (de terroirs) : Bocaud de Montuiller, Bocaud de Saint-André. 

1704  6 octobre 

TESTAMENT
GABRIELLE DE GÉVAUDAN VEUVE DE Mse HENRY DE MARIOTTES Cons. du roy, Pdt CCAF

(décédée 19 mai 1708), marié Henri Mariottes (1601-1673) en 1658)

Sépulture : Eglise des RP cordeliers de cette ville au tombeau du feu sg pdt de Mariotte son mari … ne voulant (à ses obsèques) que les curés et les religieux cordeliers.

LEGS
Cordeliers : 100£
Dames de la Misércorde : 500 £
Confirme pension de 36 £ à Hôpital Général (du 25 mars 1688)

CASTANIÈRE sa servante 36 livres de pension viagère
Sieur BESAUCELLE 500£ dont il jouira des intérêts  transmissible à sa fille Marguerite Besaucelle
Sa femme de chambre (au moment du décès)  100 £
Aux 4 filles du sieur LAPIMPIE [famille Soligniac ?] 100 £ de pension réversible (en tontine)

Plus sachant que Jeanne de Mariotte sa fille religieuse de Ste Ursule de Nîmes appelée sœur du St Esprit  est depuis qques temps sujette à des malaises fort fréquents qui l’obligent de tenir un régime de vie particulier … de beaucoup de remèdes et d’avoir auprès de soi une fille pour la servir… il n’est pas raisonnable d’exposer le couvent à une dépense extraordinaire … avec consentement du sg évêque de Nimes  => 300 £ de rente viagère  en plus de celle de 60 £ consentie lors de sa profession

Plus à MME LA COMTESSE DE GANGES SA CHÈRE SŒUR  [1643-20 janv 1719] : le meuble de Damas bleu couleur d’or, la tapisserie de cuir doré de la salle plus les chaises qui lui seront nécessaires, deux douzaines d’assiettes d’argent, trois plats d’argent, deux corbeilles d’argent à son choix, toute la batterie de cuisine, et toutes les provisions qui se trouveront dans la maison à elle appartenant [Angle Aiguillerie et Gde Loge]

Confirme à Gabrielle de Bocaud sa petite fille épouse de noble François de BON la constitution dotale de 30 000 £ et si elle meurt sans enfant ces 30 000 iront au fils ayné de M. le Pdt de Bocaud ou à celui qui sera son héritier.

A M. de BOCAUD DE MONTUILLER son petit fils 300 £ de rente  substituée pour 250 £ au sieur de BOCAUD SAINT-ANDRÉ aussi son petit fils le dernier des chevaliers de la maison de Bocaud sa vie durant et pour 50 £ à Marie de Bocaud sa petite fille et la plus jeune

Tous ses autres biens : héritière universelle dame ANNE DE MARIOTTE sa fille unique femme de Messire HERCULLES DE BOCAUD, sg de C, T, J, et autres, pdt CCAF pour en disposer à ses plaisirs et volontés

TÉMOINS  Jean Ruf Gontier (ou Rufgontier) Marchand libraire ; Jean Massol et Estienne Louvel











DOCUMENT 3
Voilà Suzanne de BASCHY jeune veuve. Et son défunt mari désigne son ami Hercule de Bocaud comme arbitre des conflits de succession. Dans 6 ans, elle épousera le fils de celui-ci.


1708  20 juin
TESTAMENT
MARC ANTOINE DE PIERRE SEIGNEUR D’ARÈNES chevalier de St Louis
malade
Notaire : Antoine Bellonnet

Sépulture : paroisse St Denis sans cérémonie

Legs
Pauvres de la Miséricorde de LUNEL et Montpellier  100 £  chaque
Elisabeth femme de chambre de Mme d’Arènes son épouse  300£
son valet de chambre 100 £
la garde de sa fille  100 £
chaque autre domestique de l’un et l’autre sexe  : 50 £
A Thiphène femme de François Nogarède 100£
Prie son épouse d’assister autant qu’elle le trouvera à propos la famille de M. Froment proc. de Roy de Lunel

A Elisabeth de Pierre sa fille unique  son droit de légitime quand elle se mariera ou aura 25 ans

A  Mme de Pierre épouse de noble Pons Simon de Pierre son cousin une bague du prix de 100 pistoles

Tous et chacuns de ses autres biens  meubles, immeubles, noms, droits et actions  … à dame Suzanne de Baschy du Cailard son épouse  à la charge  de rendre tous ses biens  lors de son décès ou plus tôt si bon lui semble  à la Dlle de Pierre leur fille unique, héritière substituée
Et si fille et épouse restent sans enfans ou en viduité, l’héritage ira  à  François de Pierre D’Arènes sieur de LANTISSARGUES son frère ainé QUI EST DANS LE PAYS ( ? ETRANGER)  à la charge pour led sgr son frère de revenir en France pour jouir de sa succession
sinon, autre substitution à dame Elisabeth de Pierre  sa sœur épouse de Mre Jean-Pierre de Pierre sgr DESPORTS  ou aux enfants de la dame Elisabeth de Pierre sa sœur males ou filles  choisis par elle ou par le sgr Desports

Et s’il y a conflit entre son épouse, sa fille, sa famille, il entend que les parties s’en remettent à la décision de M. le Pdt de BOCAUD et à M. Eustache avocat
Et s’il y a procès, l’héritage est annulé au profit de Pons Simon de Pierre  ou de ses enfants

Témoins :
Jean Charles d’Arènes, sieur Hugues Duday de la ville de Nîmes, Jean Cerny dr en médecine Mtp ,
In fine révoque substitution aux enfants de Pierre de Lantissargues













DOCUMENT 4

Mariage JEAN de BOCAUD et Suzanne de BASCHY DU CAYLAR
Hercule a déjà cédé son office de Pdt de la CCAF à son fils.
Outre les domaines et maisons connus, on apprend que les Bocaud ont des prés à Lattes.

1714 6 may 
MARIAGE promesse

JEAN DE BOCAUD chevalier cons du roy pdt CCAF
fils de HERCULLE DE BOCAUD  sg de T, J et C  et autres, pdt CCAF
et de ANNE DE MARIOTTE
AVEC
SUZANNE DE BASCHY
fille de Henry de Baschy marquis du Cayla  et de dame Elisabeth de Ricard Saussan 

DOT MARIÉE
60 000£  (22 000 de ses parents donnés lors de son 1er mariage avec feu Marc Antoine de Pierre sgr d’ARÈNES  + 18 000 dues par Mlle Elisabeth d’Arènes sa fille, 6 000 d’augment de dot donné par feu sgr d’Arènes, 20 000 d’argent comptant qu’elle a baillé au sgr de Bocaud, futur époux en louis d’or, escus blancs et monnoye )

APPORT MARIÉ
Don père et mère époux :
L’estat et office de Conseiller du roy, pdt CCAF duquel le dit sgr fils est déjà pourvu
plus la propriété de deux maisons qu’il possède dans la présente ville de Mtp, isle de Bocaud proche l’Esplanade avec ses meubles, vaisselle d’argent et autres effets mobiliaires qui ont déjà été délivrés aud sg de Bocaud fils
ensemble les preds que le sgr de Bocaud père a au terroir de LATTES
se réservant le dit père et la dame de Mariotte la jouissance du quartier de maison qu’ils occupent présentement et de celle qui est occupée par Mrs de Bocaud frères dud sgr de Bocaud père, pour les sieurs de Bocaud frères pour y rester pendant leur vie
comme aussi se réserve la jouissance de la moitié des preds pendant sa vie et de la dame Mariotte
DON DE LA MÈRE : 100 000£ après son décès  et cependant pension de 1000 £

Fait et passé dans la maison du sgr de Caila




DOCUMENT 5
Mariage très prestigieux pour une fille cadette d’Hercule : Fortia Durban, Caderousse, Vissec de Latude de Ganges.

1716  17 mai   (Montpellier)
CONTRAT MARIAGE
Le mariage a eu lieu le 1 juillet

ORIGINAL SIGNÉ

FRANÇOIS DE FORTIA MARQUIS DE DURBAN
fils de Paul …  seigneur de Caderousse et autres places
et de Marie SPERITTE (ESPOITTE ?)  DE VISSEC DE LATUDE  DE GANGES
et
MARIE ANNE DE BOUCAUD
fille Hercule de Boucaud, sgr de Tairan, Jacou Clapiers et autres chevalier conseiller du roy  président honoraire de la CCAF de Mtp
et de Anne de MARIOTTE

(Voir l’acte du 15 septembre 1716)












DOCUMENT 6

Testament ANNE DE MARIOTTE épouse d'HERCULE DE BOCAUD

Testament ANNE DE MARIOTTE épouse d'HERCULE DE BOCAUD
Très beau document original avec les sceaux en cire rouge de la famille de Bocaud. 

Testament ANNE DE MARIOTTE épouse d'HERCULE DE BOCAUD
Apparition dans cette série de documents de la chapelle Bocaud des Dominicains (actuelle église Saint Mathieu).
Anne de Mariotte, aussi pieuse que son mari, multiplie les legs aux institutions religieuses et charitables, et à ses domestiques.
Elle manifeste aussi, comme son mari le fera plus tard, son attachement à tous ses enfants. Mais alors qu’Hercule les appellera : l’évêque, l’abbé, le commandeur, elle les nomme par leur prénom.

1716 19 juin    TESTAMENT
ANNE DE MARIOTTE (épouse d’Hercules de Bocaud)

Original autographe, SCEAUX EN CIRE ROUGE

SÉPULTURE : dans le tombeau de M le Pdt de Bocaud  mon mary  dans la chapelle des dominiquains

LEGS
Dominicains : 100 £
capucins récolets cordeliers augustins carmes déchaussés grand carmes pères de la Mercy et de st Paul : chacun 25 £
Hôpital général : 500£
Soulagement de qques familles : 500 £
A la Miséricorde : 500 £
Pauvres de Teyran Jacou Clapiers ou pour marier filles  500 £

Dubois valet de chambre de mon mary  300£
Isabeau  Capide ( ?) ma femme de chambre  1000 £
Mademoiselle [Catin  au Carelle ??] ma suivante  sa nourriture et 100 livres de pantion sa vie durant

Confirme à JEAN DE BOCAUD  pdt CCAF la donation de 100 000 £ (pour son mariage)
Donne à François de Bocaud  25 000 £
et à Henry et Thomas la somme de 105 000 £ ( ?)  sans préjudice de 300 £ de pention que je donnai à Henry quand il fut reçu chevalier de Malte  et de 300 £ de pention  que feue ma mère a donné à Thomas par son testament  et à PHILIPPE mon 4e fils  la somme de 12 000 £
plus confirme à Marianne de Bocaud  ma fille les avantages qui lui sont faits par son contrat de mariage avec M le Marquis de DURBAN
Donne à Marie de BOCAUD mon autre fille religieuse au couvent de  Sommières une pention de 25 Ecus
Donne à François, Henry et Thomas deux (six ) pièces  … tapisserie de Flandres à petits personnages pour meubler chacun une chambre … un lit à chacun savoir à François un grand lit de drap gris avec les chaises bois de lit
à Henry un lit de tapisserie et fourreau de Flandres chaises et bois le tout garny
à Thomas un lit de moire  … bleu avec le foureau de londrin et fil  … chaises les bois et les garnitures
plus à chacun je donne [six douzenes de terraille ?]  six napes trois paires de draps de toile de limacon ( ?)  deux cuillers et deux fourchettes et deux couteaux d’argent

Tous autres biens.. à M. le Pdt de Bocaud mon mary pour remettre mon dit héritage à tel que bon lui semble







DOCUMENT 7
Le mariage, programmé en mai, a été célébré, mais le contrat a été retardé par la mort d’Anne de Bocaud, la mère de la mariée.
Ce mariage resserre les liens avec la famille de Ganges (la sœur de Gabrielle de Gévaudan)

Mariage MARIE ANNE DE BOCAUD et FRANÇOIS DE FORTIA DURBAN

1716  15 septembre (Avignon)
CONTRAT MARIAGE
Le mariage a eu lieu le 1 juillet (malgré la mort de la mère de la mariée)

FRANÇOIS DE FORTIA MARQUIS DE DURBAN
fils de Paul …  seigneur de Caderousse et autres places
et de (feue) Marie SPERITTE DE VISSEC DE LATUDE  DE GANGES
et
MARIE ANNE DE BOUCAUD
fille Hercule de Boucaud, sgr de Tairan, Jacou, Clapiers et autres, chevalier conseiller du roy  président honoraire de la CCAF de Mtp
et de Anne de MARIOTTE

Les (déjà) mariés et leurs pères présents

DOT ÉPOUSE
60 000 £
soit pour le père : 25 000 £ (y compris 7 000 donnés par parrains et marraines)
et pour Dame Mariotte  35 000 £ : 15 000 de sa propre dot , 10 000 de biens paraferneaux  et extra dotaux  et 10 000 après son décès
c.a.d. 10 000£ en argent comptant  payés le 27 mai  le reste en rente

APPORT MARI
Le père donne  la moitié de tout et chacuns de ses biens meubles, immeubles présents et à venir
+ les biens et droits dottaux de la deffunte dame de Ganges son épouse, se réservant les fruits et usages
+ fournit aux mariés  et leurs domestiques, et leurs chevaux,  aliments et nourriture, et habitation en sa maison d’Avignon et de Caderousse + vaisselle d’argent
+ pension de 2 500 £  s’ils restent en cohabitation
 ou  7 000 £  « en cas de séparation que Dieu ne veuille ».

Donation du mari en augment de dot : 8 000 £  en plus de 4 000 £ de bagues et joyaux + 4 000 £ de pension annuelle 











DOCUMENTS 8, 9 et 10
La version autographe, signée par les deux fils ecclésiastiques, difficilement lisible, figure dans cette liasse. Et aussi une minute plus lisible. Avec cet acte d’ouverture qui retranscrit le texte, il y a donc 3 exemplaires de ce testament, avec de légères variantes de forme.
Ma lecture s’appuie sur ces trois minutes.
Les fils ecclésiastiques reçoivent, somme toute, de très fortes sommes d’argent. 
Ce document nous permet de restituer les dates d'Hercule de Bocaud : 1638 (Montpellier) -1734 (Alet, Aude)


Testament HERCULE DE BOCAUD

Testament HERCULE DE BOCAUD

Testament HERCULE DE BOCAUD


1734, 22 décembre    (12 juin 1731)
TESTAMENT  de HERCULE DE BOCAUD : OUVERTURE


Ce jourd’huy vingt deuxième décembre mil sept cent trente quatre avant midy par devant le notaire gardenotte du roy à Montpellier soussigné fut présent Messire Jean de Bocaud  seigneur de Teyran, Jacou, Clapiers et autres places, Conseiller du Roy en ses conseils, président en la Cour des Comptes Aydes et Finances de Montpellier, fils de feu Messire Hercule de Bocaud seigneur de Teyran, Jacou, Clapiers et autres places, conseiller d’Etat, président en la Cour des Comptes Aydes et Finances, lequel a exposé au notaire soussigné que led seigneur son père fit son testament olographe le douzième juin mil sept cent trente un, par lequel il l’institue son héritier et pour que tant luy que les dénommés aud testament puissent s’en servir, il le remet à nous notaire pour l’inscrire dans le présent registre et le garder ensuite en liasse pour en être délivré des extraits aux parties requérantes.
Etant led testament de teneur :

Dans l’incertitude où je suis du jour auquel il plaira à la divine providence de me retirer de ce monde, me trouvant en état d’agir, j’ay voulu disposer de mes biens, et régler ma famille avec leur approbation pour que quand je ne seray plus, ils puissent vivre en repos, et sans avoir sujet de discution, et que je puisse employer le peu qui me reste à vivre aussy bien que les derniers moments, à ne penser à autre chose qu’à me préparer à bien mourir, et à demander un pardon au Seigneur de mes fautes par le mérite du sang précieux, qu’il a pleu à notre Seigneur Jésus-Christ de verser pour moy, priant très humblement la bienheureuse Vierge Marie, ma patronne, et tous les saints et saintes du Paradis d’intercéder pour moy,
et venant à ce que je désire qui soit fait après mon décès, je veux être enterré dans ma chapelle, dans l’église des Dominicains de cette ville, où est le tombeau de mes prédécesseurs, sy je meurs en cette ville, ou à quatre lieues à la ronde, que sy je meurs  ….. plus éloigné, je veux être enterré au cimetière de la paroisse[1]
et où que la mort me surprenne je défends à mon héritier ou à ceux qui se trouveront auprès de moy, de ne faire autres honneurs funèbres, que du curé, avec tel nombre de prêtres qu’il luy plaira, et si je meurs en cette ville les pères de St Mathieu où je dois être enterré. C’est à dire ny ornement sur ma caisse, ny armoiries ny draps, ny tentures de tapisseries ny lustre ny compagnie, et seulement accompagné de mes parents et amis, qui voudront bien m’accompagner et prier Dieu pour moy, le jour ou le lendemain de mon enterrement, donnant auxdits pères de St Mathieu la somme de cent cinquante livres, pour faire dire un annuel de messes l’année de mon décès, et faire prier pendant ce temps là leur communauté pour le salut de mon âme
je pense que le Seigneur me donnera le temps de faire d’autres charités pendant ma vie, cependant je veux qu‘en lieu et place de la dépanse que pourra faire mon héritier suivant l’uzage ordinaire, il fasse compter au curé du lieu où je seray inhumé la somme de trois cent livres pour être employée à distribuer aux pauvres de sa parroisse surtout aux pauvres honteux, s’il y en a, ce qui ne manque pas en cette ville.

Et venant au partage de mes biens entre mes enfants,
je confirme à ceux de feue Madame Durban ma très chère fille, la constitution que je luy ay fait dans son mariage, que j’ay payée à son mary aussy bien de celle de ma très chère femme, et voulant encore accorder une petite gratiffication aux deux enfants qu’elle a laissés, je donne et lègue à mon petit fils une pention annuelle de deux cent livres qui luy sera payée par avance, le premier janvier prochain pour ayder à continuer son éducation, laquelle pention cessera lorsqu’il se trouvera occasion de l’employer à son établissement par achapt de charge, ou à l’âge de vingt cinq ans, et elle sera éteinte au moyen de la somme de cinq mille livres, à prendre sur les rentes que j’ay sur la province de Languedoc à trois pour cent, ou en comptant la somme de quatre mille livres au choix de mon héritier
et à l’égard de sa sœur qui est auprès de madame la comtesse Durban sa tante, je veux que mon héritier luy donne un diamant de deux mille livres, lors qu’elle se mariera,

Plus je prie mon fils François évêque d’Alet d’être contant que mon héritier luy paye les vingt cinq mille livres qui luy sont dues du chef de sa mère en contracts à trois pour cent sur la province de Languedoc, attendu que tout son bien qui étoit en argent a esté réduit à trois pour cent, ou passé aux rentes provinciales à un pour cent
Je le prie aussy de consentir que pour et à la place de quinze mille livres que je luy avois destiné, je luy donne la petite maison où logeoit ses oncles, avec le jardin et bâtiment que j’ay fait qui vaut au delà de cette somme, espérant même qu’il voudra bien y donner le logement à ses deux frères, le Commandeur et l’abbé, et au cas où il viendrait à décéder sans en avoir disposé au profit de ses frères, ou devant, je désire qu’après le décès de ses deux frères, mon héritier ou ses enfants puissent retenir la maison en payant à ceux qui auront ses droits, lad somme de quinze mille livres et les réparations qu’ils pourraient y avoir fait utiles et nécessaires qui pourtant ne pourront excéder la somme de mille écus de trois livres. Je n’ignore pas que j’avais donné la petite maison à mon héritier lors de son mariage, mais c’est une condition que j’ai cru devoir mettre en le faisant héritier, pour leur avantage commun et de ma famille

Plus je donne à Thomas de Bocaud mon autre fils chanoine de l’église cathédrale Saint-Pierre de cette ville la somme de quarante mille livres, y compris les vingt cinq mille livres de sa mère en contracts de trois pour cent, plus la somme de dix mille livres en argent que je lui ay compté, qui avec la pention de trois cent livres de son ayeule produira deux mille livres de rente. Au cas que pour quelque considération que je [ne] puisse prévoir il ne peut pas loger chez son frère l’évêque, je prie mon héritier de luy donner un logement dans la grande maison au premier étage, le faisant avec ce mon héritier particulier

Plus je donne à Marie de Bocaud, religieuse au couvent de Ste Ursule de Sommières une pention viagère de la somme de soixante quinze livres faisant avec celle qu’elle a déjà celle de cent cinquante livres, et d’autant qu’elle est fort incommodée, et qu’elle a besoin d’employer souvent une fille pour la soulager, je veux que cette pention soit augmentée de quarante écus lors de mon décès ou lorsque quelqu’une de celles que fait mon héritier viendra à cesser, sans que pour quelqu’occasion que ce soit, ses supérieurs ou supérieures puissent y toucher directement ny indirectement, et sans qu’elle passe par leurs mains, auquel cas je révoque et celle que je luy fais et l’augmentation et prie en ce cas mon héritier d’y pourvoir luy même  pour qu’elle ne soit en souffrance

Je pourrais me passer de faire icy mention d’Henry de Bocaud mon fils chevalier de l’Ordre de St Jean de Jérusalem commandeur de la Capelle[2], attendu qu’il est religieux profès, et qu’avant de l’envoyer à Malte pour faire ses vœux et mériter par ses services d’être gratifié d’une commanderie comme il est arrivé, et qu’avant partir, je l’ai émancipé, et [mis] en état de disposer des droits de sa mère pour ses usages ce qui a été exécuté en tenant galère pour quoy je luy ay fourny ou pour payer l’annate de la commanderie qui lui a  été donnée au delà  de la somme qui lui a esté donnée  au delà de la somme de cinquante mille livres, sans y comprendre les frais de la réception dans l’ordre, qui va bien à deux mille écus, ce qui excède de beaucoup ce qu’il pourrait prétendre sur l’héritage de sa mère, même sur les biens s’il y avoit droit, et quoy qu’il ne fut permis d’en retirer une partie sur le revenu de sa commanderie, qui lui est très considérable, cependant je luy en fait un entier don sans que mon héritier en puisse jamais luy en faire demande, quoy qu’il trouve dans mes papiers et lettres de change de l’argeant que je luy ay envoyé, et ses quittances du prix de l’annate que j’ay payé à condition de renoncer au legs de la pention de trois cent livres qui luy a esté faite par son oncle de Teyran, et de quelques meubles dont je luy ay remis la plus grande partie, et pour lui témoigner encore plus mon affection, attendu qu’il ne jouit pas et ne jouiera pas encore de quelques mois de sa commanderie, je luy donne et luy donne comptant la somme de quinze cent livres et promets payés pendant ma vie ou après ma mort par mon héritier, cent écus pendant cinq années partant le mois de may, à commencer par le prochain,

Et en touts mes autres biens présents et à venir en quoy qu’ils consistent et puissent consister, meubles et immeubles, même en ma portion virile, de l’augment de dot qui m’apartient aussy bien que des pentions que comptent à partie de mes enfans qui me survivront, que je prétends comprendre dans le legs que je leur ay fait cy dessus,
je fais et nomme de ma propre bouche pour mon héritier messire Jean de Bocaud mon fils ayné, seigneur de Teyran, Jacou et Clapiers, cons du roy en ses conseils, président en la Cour des Comptes Aydes et Finances de Montp. pour disposer de mon héritage à son plaisir et volonté, tant en la vie qu’en la mort.
C’est mon dernier testament et ma dernière volonté que je désire être exécuté suivant la forme et teneur et que je déclare avoir fait selon le statut  municipal de cette ville de Montpellier, à moy justement cognu, cassant et révoquant touts autres testaments et toutes autres dispositions de dernière volonté et nottament celuy qui a esté reçu par Me Bisset notaire de cette ville, il y a quelques années, ne me souvenant pas précizement du temps ny s’il y avoit des clauses dérogatoires que je révoque pareillement en cas ou besoin seroit, aussy bien que les legs pies s’il y en a
Fait à Montpellier le douzième juin mil sept cent trente un
Bocaud signé

Et pour qu’après mon décès, il n’y ayt aucune discution entre mes enfans, je leur ai proposé de signer et acquiesser à mad. disposition, et comme je me trouve déjà dans un âge fort avancé[3] et eux aussy dans un âge à sçavoir ce qu’ils font, que d’ailleurs il est juste que je me repose et qu’ils ne restent pas plus longtemps sans jouir, j’ai remis à mes légitimaires toutes les pièces nécessaires pour en jouir même de cette année de ce dont je n’ai pas retiré les rentes, et le surplus qui va à peu de chose depuis le premier janvier prochain
me réservant sur mon héritage les rentes que j’ay sur la propriété de Pecais, qui revient à quarante un, ou quarante deux mille livres, y ayant au delà huit mille livres qui appartiennent à mon héritier desquelles rentes qui reviennent à mille six cent quatre vingt cinq livres, du font principal d’ycelle, je me réserve de pouvoir disposer à ma volonté, tant en la vie qu’en la mort, et au cas que je ne l’auray pas fait, je veux et entends qu’elles appartiennent à mon héritier, et fasse audit cas part et portion de mon héritage
Je me réserve pareillement la somme de trois mille livres, que j’ay sur les salins de M. de Saint Félix qui me donna la propriété sur une partie ayant destiné cette rente pour rétablir une fondation qu’il y avait dans ma famille, qui a esté négligée par nos prédécesseurs;
cette addition que j’ay jugé à propos de faire aprouver à mes enfans portera quittance de tout ce qu’ils pourraient demander à mon héritier, attendu que je leur ay remis moy-même
Fait le jour et an que dessus
Bocaud signé
Collationné à Montpellier le vingt deux décembre mil sept cent trente quatre
reçu soixante livres […]
lequel testament a esté parraphé par les legataires de Bocaud  avant la remise d’yceluy … ne variatur  … en présence d’Estienne Maurras et Estienne Bonoure habitants de Montpellier signés    Estienne Bissez notaire …














DOCUMENTS 11, 12 et 13
Deux exemplaires autographes (peu lisibles) avec des variantes de formulation mineures. Un premier codicille, de 1727 peu différent, non retranscrit par moi.
Hercule estime que les habitants de Teyran sont les plus misérables. 
Il fait de très nombreux legs charitables.
Ceux à ses domestiques sont aussi riches d’enseignement sur les rapports maître/serviteur. Le soucis d’Hercule est de leur assurer une retraite décente.
Avant les guerres de religion (certainement 1622), la famille (catholique, donc) avait une fondation, sans doute aux Dominicains : une messe dite chaque jour dans la chapelle de famille. L’impiété et l’inflation l’ont faite tomber en désuétude. Hercule veut la remettre en usage.
La famille possède une maison rue de la Friperie.
Émouvante mention de son fils Philippe (ou André) infirme et incurable, retiré du monde à cause de ces infirmités.
Et ce qui, finalement lui tient le plus à cœur, c’est l’éducation de ses petits enfants.


Codicille HERCULE DE BOCAUD

Codicille HERCULE DE BOCAUD

Codicille HERCULE DE BOCAUD

Codicille HERCULE DE BOCAUD


1731 21 novembre 
CODICILLE  HERCULE DE BOCAUD

Mémoire en forme de codicle que je veux estre exécuté par mon héritier après mon décès dont je n’ay pas voulu charger mon testament pour des bonnes considérations que je charge mon héritier d’exécuter, que j’ay remis à cest effet à mon fils l’abbé chanoine de Saint-Pierre.

1°. Je veux qu’il soit distribué aussitôt après mon décès à chaque communauté de religieux de Montpellier la somme de vingt cinq livres pour faire dire incéssemment le jour de mon décès et suivants la quantité de cinquante messes pour prier Dieu qu’il luy plaise de me faire miséricorde et si je meurs ailieurs je donne cent francs au curé de la paroisse où je seroy enterré pour dire cent [deux cent, variante] messes dans son église ou la plus proche [ou du baillage]  le jour et suivants de mon décès le plus qu’il soit possible et pour le plus tard dans l’an qui suivra.

2°. Au même cas si je meurs [si je suis enterré] hors de Montpellier, je veux qu’au premier avis de mon héritier de mon décès il fasse faire un service à St Mathieu où j‘ay ma chappelle où il invitera mes parans qui voudront y assister et faire dire le mesme jour et suivants vingt messes dans l’église de chaque communauté de religieux et des paroisses pour quoy je donne dix livres à chacune ; que si je viens à décéder a Montpellier je veux que la clause de mon testament soit exécutée à la lettre tant pour mes honneurs funèbres  et pour les legs pies, je veux qu’ils subsistent en entier.

3°. Je n’ay pas jugé à propos pour des bonnes considérations de faire mention dans mon testament des legs pies, de mes domestiques et de quelques autres dispositions que je désire estre exécutés par mes enfants et particulèrement par mon héritier à qui j’ay remis le mémoire de moy signé et un autre à mon fils l’abbé.

4°. Commençant par les laigs pies je donne à l’Hôpital général de la ville de Montpellier la somme de cinq cent livres, aux dames de la Miséricorde pareille somme de cinq cent livres, aux pauvres de mes terres pareille somme de cinq cent livres, particulièrement à ceux de Teyran qui sont les plus misérables, plus a ceste mesme [commune ?]  la somme de deux cent livres pour marrier quatre pauvres filles à 50 £ chacune au choix de mon héritier, plus à la maison du Refuge cent cinquante livres pour employer à ce quelles jugeront à propos pour l’église de leur maison, plus à la chapelle de la congégation des pères jésuites pareille somme de cent cinquante livres pour continuer à l’orner comme il a esté commencé à condition que les confrères fairont dire tous les ans une messe dans la chapelle pour le salut de mon âme le plus près que faire se pourra du jour de mon décès et les particuliers à qui les charités seront distribuées diront un de profundis le jour qu’ils la recevront, tous lesdits lais pies payables dans l’année de mon décès le tout à la diligence de mes deux enfans cy dessus nommés.

5°.  Venant à ce qui regarde mes domestiques, je commence par Isabeau qui est la plus ancienne  [ …??] auprès de ma chère épouse jusques à son décès et continué avec moy jusques au jour où j’ay réglé mes affaires et disposé de mes biens, outre ce que je luy ay donné pour son usage et délivré et la somme de trois mille six cent livres que je lui dois qui est entre les mains de l’abbé pour en payer annellement l’intérêt sur les billets que je luy ay remis à cinq pour cent et comme ceste somme ne suffit pas pour vivre à son aise je veux luy payer annuellement la somme de cinquante livres à prendre sur ce que je me réserve, qui sera continué par mon héritier après mon décès, jusqu’à ce qu’elle meure, que si elle prend le parti de rentrer en service, cette pension cessera atendu que la rente de son argent et ce qu’elle recevra de son service luy suffira, lad pension sera payée de six en six mois par année à commencer le 1er juin prochain 25 £ chaque six mois
A l’égard de Dubois qui est à mon service depuis plusieurs années je luy ay fait il y a peu de jours un billet de la somme de seize cent livres dans lequel est compris ce qu’il a espargné sur ses gages ou légué par mon épouse même sur ses intérêts sçavoir les gages jusques au 15 septembre dernier et les intérêts jusques au 1er juin prochain 1732. Il restera 80£ pour les intérêts le 1er janvier 1733, du fonds qui est entre les mains de l’abbé et  [….] de faire les années suivantes et il continuera à luy payer ses gages à raison de 90£ comme j’ay fait jusques à présent dont la première année écherra le 1er septembre prochain et au cas je vienne à décéder avant qu’il ait peu pousser le dépôt par les espargnes ou autrement, je veux que ce qui manquera de 2000£ soit ajouté à son billet par mon héritier ou par luy payé sur ma réserve, et de plus qu’il soit nourri dans sa maison sa vie durant ou qu’il luy soit donné une pension d’un montant de 100 £ au choix de l’un et de l’autre.
A l’égard de Martin qui me sert depuis quatorze ou quinze ans je luy donne les mesmes gages que Dubois à la charge l’entretenir comme luy à commencer le 1er juillet prochain et de plus je luy donne s’il est à mon service à mon décès la somme de trois cent livres payable par mon héritier sur le fonds que dessus

6°- Il y a quelques années que je m’aperçus que mes prédécesseurs au lieu de rétablir une fondation disparue lors des guerres de religion[4] ou par le peu de valeur des fonds qui y avoient esté employés ou faute d’avoir indiqué une pension sur de la rente ou en terre, j’ay cru que la chose étant venue à ma cognoissance j’ai cru d’estre obligé de la rétablir ; pour cest effet j’ay fait faire le service de ma chapelle depuis sept ou huit ans qui est d’une messe par jour, et j’ay acquis et mis en société avec M. de Saint Félix dans la portion de salins pour la somme de trois mille livres une rente annuelle et perpétuelle de cent cinquante livres qui vaut trois fois plus que tout ce qui avoit esté donné pour ceste fondation. Je suis après à chercher les moiens de mettre cest effet à couvert des movements des amortissements [ ?]  qui emporterait une partie de ceste rente et pour faire en sorte que les seigneurs de Teyran mes successeurs en tirent tous les avantages qui se pourra soit pour la nomination des capellans, soit pour faire faire le service ou il luy plaira, ce qui ne peut recevoir des difficultés atendu que par cest établissements le chappelain est amovible ; il avoit mesme esté destiné pour chappelain d’un couvent de religieuses que le seigneur avoit eu l’intention d’establir quy ne l’a jamais esté.  Il reste seulement de l’ancien revenu 9 £ de pension sur ma maison de Montpellier batie à la Friperie, si la chose n’est pas commencée je prie mon héritier et mon fils l’évesque d’Alet de les faire, cependant faisant mon testament j’ay réservé lesd rentes comme destinées à cet usage et donné ordre pour faire continuer le service.

7° - Je n’ay pas jugé à propos de faire ouvrir en forme le testament de feu mon épouse. Cependant j’en ay fait payer les legats soit pies, soit des domestiques, n’ayant pas reçu de quittances des derniers, mais ils sont compris dans les billets que je leur ay faits et avant de faire mon testament j’ay ouvert celuy de mon épouse en présence de mes enfants et remis à mon héritier après avoir lu pour estre bien instruits de leurs droits avant d’y donner leur approbation. Il y est fait mention de André ou Philippe qui étoit déjà retiré du monde à cause de ses infirmités et ne luy donne que la somme de douze mil livres qui est la moitié des autres comme les infirmités continuent depuis vingt six ans ou plus et que son mal est incurable, je n’en ay pas voulu faire mention dans le mien, je me suis contenté de charger mon héritier de luy fournir tout ce qui luy sera nécessaire et mes autres enfants d’y tenir la main sans faire mention de luy ni des 12 000£ qui sont confondues dans mon héritage. Je suis mesme persuadé que la puissance paternelle me donne le droit quand l’approbation générale des autres n’y serait pas.

Il ne me reste qu’à exhorter mes enfants qui auront cognoissance de ce codicile qui n’est que pour eux et surtout pour mon héritier et mon fils l’abbé à vivre en bonne intelligence dans l’amitié fraternelle dont ils trouveront de bons exemples dans la famille. Je ne doute pas qu’ils ne le fassent après moi veu ce que je viens de faire pour éviter toute sorte de discution mais plus encore par la bonté de leur nature et de leur bonne éducation ; ils doivent louer Dieu de les avoir tous bien établis, surtout faire un bon usage de leur bien, de n’oublier pas les pauvres non plus que de remercier le Seigneur et tacher de mériter les biens de l’autre vie sans quoy ceux qu’il nous a faits en celle-cy ne serviraient que pour nous faire plus sentir les maux où seront emportés ceux qui auront fait un mauvais usage de ses graces.

Je ne dois pas finir sans leur recommander mes anciens domestiques et autres personnes atachées à la maison. Ce doit estre une de vos plus grandes attention et les premiers à qui vous devez rendre service surtout s’ils ont besoin de votre protection et de vos charités.

Ce qui me tient le plus au cœur et que j’ay creu devoir réserver pour la dernière chose est de recomender à mon héritier l’éducation de ses enfans s’ils en sont susceptibles par la bonté de leur naturel et c’est à quoy je l’exhorte de s’atacher principalement, et à craindre le seigneur, faire son devoir envers luy et envers les hommes et leur bien mettre en teste qu’on ne peut estre honeste homme sans estre bon chrétien. Je prie le seigneur qu’il les conserve, qu’il leur donne une aussi longue vie que la mienne, pour y parvenir, il ne faut pas les tenir délicatement, rien ne nuit tant à la santé n’abrège tant la vie et ne la rend plus malheureuse

A Montpellier ce 15 juin 1731.
Bocaud


Ce mémoire a esté fait à Montpellier avant mon départ  pour Alet pour remettre à mon fils l’abbé pour le garder jusques à mon décés  après lequel il le remettra à son frère le président, mon héritier et on gardera un semblable que je copierai à loisir , et un autre ….

Inhumation HERCULE DE BOCAUD à ALET






DOCUMENT 14
Codicille in extremis.
Tout se complique un peu.

1734, 5 juin , Alet  (décès le 11  juin)
CODICILE D’HERCULE DE BOCAUD,
Copie

Premièrement je prie Monsieur d’Alet d’exécuter les mémoires que je luy ai laissé pour la distribution de l’argent que je luy ay remis et de prendre cent écus pour remettre à Saint Martin sçavoir deux cent livres pour ce que je luy reste de gages et cent francs pour ajouter à ce que je luy ay donné par le mémoire ci dessus, en sorte qu’il aura en tout avec les deux francs [sic] de gages compris lesd gages sept cent francs en sus
A l’égard des billets de moi signez qui sont entre les mains de mon fils l’abbé, je les révoque tous à l’exception de cent francs de pention viagère que je donnai à Dubois mon homme de chambre que je confirme
En outre cent francs pour lesquels il est employé dans l’état remis à Monsieur d’Alet, j’en ajoute cinquante livres qui luy seront conté de l’argent qui est dans mon cabinet, et je désire qu’il donne à St Martin mon vieil habit de drap et un de mes habits d’été.
Je veux aussi que la pention de ma fille soit augmentée jusqu’à cent écus sans y comprendre les dix écus que sa sœur lui a donné.
Plus je confirme la pention de cinquante livres à Isabeau Capive ( ?). Plus celle de soixante livres à Monsieur d’Espondelland. Plus de dix huit livres à donne Blaye.
Je révoque toutes les autres.
Je veux que l’argent qui restera icy qui ira de huit à neuf cent francs soit envoyé à mon fils l’abbé pour l’employer à de bonnes œuvres de charité surtout des pauvres honteux après avoir payé cent cinquante livres que j’ay toujours eu l’intention de donner à la Congrégation des Messieurs qui est aux Jésuites à Montpellier, et achevé de payer les billets de Montréal et les legs que j’ai fais aux couvents des religieuses de Montpellier qui montent à deux cent cinquante livres, comme aussi les billets que je dois à Marie la nourrisse.
Mon dit fils l’abbé continuera de payer tout le reste de l’année les charitez dont je lui ay fait les fonds. Il retirera aussi les rentes que je me suis réservé sur les propriétaires qui ne se payeront qu’au mois de may prochain, dont il remettra mille francs au curé de Notre-Dame pour les pauvres de sa paroisse, et le surplus servira pour les emplois cy dessus, et ce qui restera en charité.
Moyenant quoy lesd rentes même les deux mille francs sur les salins de M. de Saint Félix apartiendront à mon héritier à la charge de laisser le fond nécessaire pour payer les pentions cy dessus qui vont à trois cent vingt huit livres.
Fait à Alet ce cinquième juin mil sept cent trente quatre
signé Bocaud






DOCUMENT 15


1743 , 20 avril

REMISE DU LEGS d’HERCULE de BOCAUD à son petit fils FORTIA DURBAN par Jean de Bocaud

Notaire Vézian

Présents
Thomas de Bocaud, abbé de saint Maurin chanoine et aumonier de l’église cathédrale de Montpellier, procureur duement fondé de Mre Herculle Catherine de FORTIA son neveu capitaine de dragons au régiment de Baufremont à présent en garnison à Mez suivant acte ….
Approbation de Haut et puissant seigneur Mre François de FORTIA marquis de Durban sgr de Caderousse citoyen d’Avignon …

A confessé avoir reçu pour le Sr Fortia son neveu
DE Mre JEAN de BOCAUD son frère, seigneur [etc] .. . un CONTRAT DE RENTE à 3% consenti par M. le syndic de la Province de Languedoc  en faveur de Mre HERCULE de BOCAUD son père    au principal de 6 300 £  (contrat du 12 déc 1708)  à l’effet de jouir de la rente …
Donation faite en payement du légat d’un contrat de 5 000 £ principal à 3% que led Hercule de Bocaud son père à fait au Sr de Fortia son petit-fils dans son dernier testament olographe  du 12 juin 1731 ….  et comme led contrat est de 1 300 £ au delà de la somme de 5 000 £  … mond sieur l’abbé de Bocaud a fait raison du surplus aud sgr de Bocaud son frère…

Fait dans son hôtel en présence de Pierre Barrinion et Jean Rieusset praticien de la ville





                                   DOCUMENTS 16 et 17

1744 19 mars

MARIAGE promesse

Original signé

PIERRE FRANÇOIS FRÉDÉRIC DE NIGRY DE BLOMAC domicilié à Montpellier  (le scripteur écrit Migry)
fils de feu Mre Pierre Henry Joseph de Nigry de Blomac et de feue dame Gabrielle Thérèse de GIRARD COLONDRES  de leur vivant demeurant à Montpellier
et
ELISABETH ANNE GABRIELLE VICTOIRE DE BOCAUD  FILLE DE Jean de Bocaud chevalier, sgr de T, J, C et autres.. ; pdt CCAF et de Suzane de BASCHY du Cayla

DOT mariée : 50 000£ (45 000 du père et 5 000 de la mère), 30 000 en contrats de rente à 5% sur la ville de LYON et 20 000 en argent comptant (en louis d’or et écus blancs).
La mariée renonce à tout supplément de légitime  paternelle et maternelle

AUGMENT DOTAL consenti par NIGRY : 10 000£  + bijoux pierreries et robes + en cas de viduité la jouissance d’un appartement à choisir dans sa maison  ou une somme de 400 £ / an + jouissance  vaisselle d’argent, batterie de cuisine et linge nécessaire suivant sa condition.


AUTRE ACTE 27 AVRIL 1744 : PACTE DE MARIAGE des mêmes
PRESENTS
Trois sœurs du marié : Dame Anne Thérèse de Nigry épouse de noble André de PIERRE seigneur DESPORTS ; Gabrielle de NIGRY, épouse de Mre Antoine DESPIOCHS chevalier, Pdt Trésorier de France, intendant des gabelles du Languedoc ; Elisabeth Victoire de Nigry

Parents de la mariée :
Ses frères et sœur :
François de BOCAUD, Pdt CCAF ; Thomas Marie de Bocaud  chevallier de Malthe ; Anne Renée de Bocaud, sa sœur

Oncle :  Abbé de Saint Maurin, chanoine et aumonier de l’église cathédrale
Cousine germaine :  Jeanne Marie Magdelaine Suzanne du CAYLA DE SAUSSAN 




                               DOCUMENT 18
Ici aussi, les relations sont anciennes entre les deux familles. Les salins de Saint Félix, dont Hercule de Bocaud était co-actionnaire, en témoignent.  


Mariage FRANÇOIS DE BOCAUD
 

1749  20 juin (mariage)  (pactes 26 juin 1751)
PACTES DE MARIAGE

sur peau velin
Notaire VEZIAN

FRANÇOIS DE BOCAUD  chevalier, Pdt en la CCAF
fils de JEAN DE BOCAUD  seigneur de Teyran, Jacou, Clapiers et autres, ancien Pdt  de la dite cour
et de SUZANNE DE BASCHY DU CAYLA
et
MARIE ANNE MARGUERITE DE PASCAL DE SAINT-FÉLIX
fille d’ANTOINE DE PASCAL marquis de SAINT FELIX, Saint Guiraud, Montbrun, Faugères, Prad de Cest et autres, lieutenant du roy en Languedoc
et de feue Marguerite Gabriele de TRÉGOIN DE MONTBRUN (morte récemment)
(assistée de son frère Hiacinte Joachim Antoine Xavier de Pascal de Saint Félix)


Donation de Jean de Bocaud : La moitié de tous et chacuns des biens présents et à venir pour en prendre possession à sa mort
Jouissance  des gages, revenus, franc salé et autres émoluments attachés à l’office de Pdt  + moitié des meubles linge baterie de cuisine et vaisselle d’argent, et MOITIÉ DE LA MAISON SITUÉE DANS MONTPELLIER DANS LA QUELLE LED SGR ET DAME BOCAUD LOGENT ACTUELLEMENT
Donation Dame de Baschy : 10 000 £ payable après décès

DOT MARIÉE : 90 000£
dont. 60 000£ (20 000 du père et 40 000 de la mère) en argent ou rente au choix du marié. Le reste en rente

Augment de dot : 10 000£ + bagues  et joyaux, robes .. ;

APOSTILLE :
MARIE ANNE MARGUERITE DE PASCAL DE SAINT FÉLIX  A ÉPOUSÉ EN 2E NOCES  JEAN BAPTISTE DE MARIN COMTE DE MONCAN  commandant en la province de Languedoc
Elle a reçu de THOMAS MARIE DE BOCAUD chevalier non profès de l’ordre  de St Jean de Jérusalem la somme de 10 000 £ pour son augment de dot  (30 janvier 1783)













DOCUMENT 19
Après le décès prématuré (le 21 déc 1751 à 33 ans) de François, on restitue la dot de la mariée. Tout est comptabilisé ou valorisé.

1752
Compte de Monsieur le président [JEAN] de BOCAUD avec Monsieur le Marquis de SAINT-FÉLIX

Est du à Monsieur de Bocaud :
Pour la rente du capital de 60 000 livres année commencée le 3 juillet 1749 jour de la bénédiction nuptiale de feu [François] Monsieur de Bocaud avec Mme de Saint Félix jusqu’au 3 juillet 1750 : 3 000 £
A déduire pour le 20e et les deux sols par £ du 10e : 180 £  => 2820 £

Pour la rente d’une année commencée le 3 juillet 1750 jusqu’au 3 juillet 1751, déduction faite du 20 et de 2s pour livre du 10e  = > 2820 £

Pour la rente due depuis le 3 juillet 1751 jusqu’au 21 décembre de la même année jour du décès de M. de Bocaud faisant 5 mois 18 jours déduction faite du 20e et des 2s p. £ au 10e  = > 1317 £ 12 d.

Et pour la rente d’une année qui a commencé depuis le 21 décembre 1751 et qui écherra le 21 déc. 1752 déduction faite (idem) => 2820 £

Total : 9777 £ 12d

Est du à Monsieur le Marquis de Saint Félix :

Pour les payements faits à feu M ; le Pdt de Bocaud par M. e Marquis pour raison de la rente de 60 000 £ suivant les trois quittances que M ; le Marquis de Saint-Félix rapporte déduction faite du 20e [etc]   => 4252 £ 10 s.

Pour l’année de viduité de Madame de Saint Félix sa fille et habits de deuil   
= > 5 500 £

Pour la représentation de l’apartement que Mme de Saint Félix devoit jouir avec les meubles, stipulé dans son contrat de mariage avec feu Monsieur de Bocaud et que la somme devait etre payée par avance pour une année =>  800 £

Total : 10552 £ 10 s.
sans compter les cinq cent livres de l’intérêt de l’augment dus selon expresse convention.

[soit un solde débiteur pour « Bocaud » de 774 £ 18 sols ]













                                     DOCUMENT 20
Il s'agit de l'officialisation du décompte précédent. 


1752, 13 juillet

Restitution de dot et autres, suite au décès (le 21 décembre 1751) de François de Bocaud  en application du contrat de mariage.

Présents :
Jean de Bocaud …
et Antoine de Pascal marquis de Saint Félix, etc.. en son nom et en celui de Mre Louis Henry de Pascal, baron de Faugères, enseigne de vaisseau du roy, son fils, et Hiacinte, Joachim Antoine Xavier de Pascal de St Félix son fils ayné
et Haute et puissante dame Marie Anne Pascal de St Félix, sa fille, veuve de haut et puissant seigneur Mre François de Bocaud…

La mariée avait reçu 60 000 £ (en rente sur le diocèse de Narbonne) et il y avait 10 000 £ d’augment de dot + robes et bagues et vaisselle + jouissance appartement + intérêt des rentes depuis le décès + habits de deuil

On s’appuie sur le compte ci-dessus (1752) et Mre de Bocaud verse 774 £ 18 s. payés réellement en écus de 6 livres et autres monnaies

On restitue le capital de 60 000 £ en rente sur le diocèse de Narbonne (ce sont les mêmes titres de rente qui sont rendus)

Les 10 000 £ d’augment de dot augmentées de 500 £ d’intérêt seront versé lorsque la veuve aura atteint 25 ans.











DOCUMENTS 21 et 22
Jean fait son testament huit jours après le décès de son fils François. Il a alors 70 ans, et meurt un an après. Ouverture solennelle… et semble-t-il conflictuelle. Pourtant, il me semble que le testament n’est pas défavorable à Mmes de Nigry et de Masclary.

1752  21 décembre ouverture du  testament daté du 30 décembre 1751

TESTAMENT de JEAN DE BOCAUD  seigneur de Teyran, Jacou Clapiers et autres places, ancien Pdt CCAF Ouverture chez le défunt

Notaire : Jean Louis Vézian

ouverture sur demande de SUZANNE DE BASCHY DU CAYLA vve de Mre JEAN DE BOCAUD …

Testament mystique trouvé dans un tiroir d’un cabinet

Elle a convoqué :
Mgr l’Illustrissime et Révérendissime François de Bocaud, évêque d’Alet (Dallet) son beau-frère
Mre Thomas de BOCAUD, abbé de Saint Maurin, chanoine, aumonier en l’Eglise cathédrale St Pierre de la ville de Mtp, aussi son beau-frère
Mse THOMAS MARIE DE BOCAUD, chevalier, son fils
Dame Elisabeth Anne Gabrielle Victoire de Bocaud, sa fille, épouse de noble Pierre François Frédéric de NIGRY
Mre Jean-Paul Amédée de MASCLARY Conseiller en lad Cour et dame Renée de Bocaud, mariés
Mre Henry de Baschy du Cayla, marquis de Pignan, son frère
Dame Suzanne Françoise  de Baschy du Cayla épouse de Mre Jean-François de Baschy marquis du Cayla
Sr Jean THOMAS, secrétaire de l’Hôpital Général de Mtp
Sr Jean JALABERT, marchand
Sr Noël CARON mtre Cellier ; ces trois derniers témoins numéraires de la subscription dud testament

Après lecture du testament, MADAME et Monsieur DE MASCLARY ET MADAME DE NIGRY, PRIÉS ET REQUIS DE SIGNER ONT REFUSÉ

CONTENU DU TESTAMENT :
Testament dicté à Me Vézian
Sépulture : le plus simplement qu’il se pourra, dans la chapelle que j’ay dans l’église des RP Dominicains de St Mathieu : 100 £ pour 200 messes
Pauvres Hop. Gen :  1 000 £
Pauvres Hôtel Dieu : 1 000 £
Pauvres de la Miséricorde : 500 £
Pauvres nécessiteux de Teyran Jacou et Clapiers 900 £ (la formulation sera plus tard reprise par Thomas Marie). Son épouse jugera souverainement de la répartition de cette somme entre les lieux et les personnes.

Confirmation des 45 000 £ à Mme de Nigry données pour son mariage. Elle est relevée de sa renonciation qu’elle a fait au reste de son héritage.
Confirmation de 45 000 £ à Mme de Masclary ? sans plus de précision

à Thomas Marie de Bocaud, chevalier de Malthe (sic)  mon fils 45 000£ pour légitime
Si ces enfants réclament, leur donation sera réduite de moitié selon le statut de Montpellier qui autorise à diminuer la légitime.

Héritière universelle : Suzanne de Baschy ma chère épouse  qui le remetra à sa mort ou avant à celui de nos enfants ou petits enfants, male ou fille qu’elle voudra choisir 
Si elle ne choisit pas, l’héritier sera Thomas Marie, ou ses enfants s’il en a à sa mort, ou Mme de Nigry s’il est décédé sans enfants.

je prohibe la faction de l’inventaire de mes effets… On s’en tiendra à l’inventaire qu’il a rédigé lui-même




AUTRE DOCUMENT : COLLATION DU MÊME TESTAMENT (22 DÉCEMBRE 1752)

[identique à ci dessus]
+
1753, 4 AOUT
En présence de
Dame Suzanne Baschy du Cayla, veuve de Mre Jean de Bocaud .. ;
Rappel de l’ouverture du 21 décembre 1752, et l’enregistrement est requis. Suit donc le texte du testament comme dessus. 





                                 DOCUMENT 23
On ne sait si cette consultation a été prise en compte.

1753 30 avril

CONSULTATION D’AVOCATS TOULOUSAINS (Tournier, CAMBON, FURGOLE [très célèbre jurisconsulte] etc

sur
TESTAMENT DE JEAN DE BOCAUD DU 21 XBRE 1752

INSUFFISANCE DE LEGS (LÉGITIME) pour certains enfants

Conflit entre statut de Montpellier et ordonnance royale de 1735

Conclusion : On ne peut réduire les légitimes des enfants ;











DOCUMENT 24
Thomas Marie fait un superbe mariage. 
Son beau-frère François Emmanuel (1735-1821) sera un diplomate important sous Louis XV (Constantinople, Russie, Suède, Autriche…), ministre de Louis XVI (gouvernements Necker),  reçu par toutes les têtes couronnées d'Europe, puis ami et confident de Louis XVIII après la mort de Louis XVII. 
Son beau-père et son autre beau-frère sont intendants du Languedoc. Cette parenté ultra-royaliste sera porteuse de risques pour Emilie de Guignard pendant la Révolution. D’autant qu’elle s’est chargée d’élever les filles de son frère émigré.
La dot de la mariée est donc relativement modérée.
Et Suzanne de Baschy se réserve un confortable usufruit. Elle entend bien continuer à rouler carosse dans les ruelles de Montpellier ou pour se rendre à Jacou. 

Mariage THOMAS MARIE de BOCAUD et ÉMILIE DE GUIGNARD DE SAINT PRIEST

1754 16 janvier   CONTRAT MARIAGE

Notaire Jean Louis 
VEZIAN
Sur peau de velin

THOMAS MARIE DE BOCAUD  chevalier non profès de St Jean de Jérusalem  sg de T . J. et C, chevalier, Conseiller du roy en ses conseils, Pdt de la CCAF
fils de feu Jean de Bocaud quand vivait sg des mêmes lieux  et aussi cons. du roy et Pdt CCAF
et de Suzanne de Baschy du Caila
et
Demoiselle JEANNE MARIE EMILIE DE GUIGNARD DE SAINT PRIEST
fille de Jean Emmanuel de Guignard vicomte de St Priest chevalier, Cons du Roy Maitre des requettes INTENDANT DE LA PROVINCE DE LANGUEDOC
et de Louise Jacqueline Sophie de BARRAL

DOT MARIÉE :
Tous et chacuns de ses biens présents et à venir (ses futurs héritages)
Les parents donnent  30 000 £ (24 000 + 6 000 )

LE MARIÉ :
Dame de Baschy a remis l’entière hérédité dud seigneur Jean de Bocaud se réservant une pention annuelle et viagère de 6 000 £ plus le logement qu’elle occupe avec les meubles vaiselle d’argent linge ustensiles, plus la jouissance des terres de Teyran, Jacou et Clapiers et leurs dépendances avec les meubles et cabaux qui y sont, comme aussi la jouissance des remises, écuries, greniers à foin et maison attenante qui sont dans la ville de Montpellier et du carrosse et chevaux qu’elle entretiendra
plus se réserve la jouissance des petites maisons qui sont au dessous du jardin de la grande maison dud sg de Bocaud du cotté de la porte du pilla st Gelly

Le marié donne à la Dlle de St Priest  14 000 £ pour augment de dot  + 6 000 de bagues et bijoux

Témoins :
Jean Baptiste Marin comte de Moncan  marechal des camps commandant en la province de Languedoc
Henry François de Grave cheval. Marquis de Solas baron de Lattes sg de la rectorie ou part antique [propriétaire canal du Lez. Il habite l’Hôtel de Grave, actuelle DRAC]










DOCUMENT 25
Veuve avec des enfants de ses deux mariages.

1759 10 mai
TESTAMENT (ouverture après décès) rédigé 31 août 1753 
SUZANNE DE BASCHY DU CAYLA VEUVE de JEAN DE BOCAUD

Notaire : Jean-Louis VEZIAN
Lieu : en l’hôtel de THOMAS MARIE DE BOCAUD

Présents et témoins :
Jacques François vicomte de CAMBIS colonel du régiment d’Infanterie de son nom, représentant Mlle Elisabeth de PIERRE D’ARENES sa mère vve de Mre Louis Charles marquis de Cambis
Henry de BASCHY marquis du Cayla sgr de Pignan et autres
Philippe de BASCHY DU CAYLA sgr de Beauvoizin
Jean-Paul Amédée de MASCLARY cons CCAF

Jacques CABANE ancien mtre perruquier de la dite ville
Léonard JOURDAN  Mtr coutelier
François CHABANE mte perruquier
TEMOINS DU TESTAMENT lors de sa rédaction.

CONTENU DU TESTAMENT
Laisse choix de sa sépulture à son fils
Legs aux pauvres de la Miséricorde : 300£
Maison du Bon Pasteur : 300 £

à Elisabeth de PIERRE D’ARENES ma FILLE et de feu mari Antoine d’Arènes  Vve de M DORSAN 17 000£ (5 000 pour légitime et 12 000 pour solde) + l’augment dotal que j’ai gagné par le prédécès de M. d’Arènes son père  + bijoux  et laïette

Confirme à ELISABETH GABRIELLE DE BOCAUD ma fille et de feu M. de Bocaud, épouse de M. de NIGRY : 5 000 £ donné au mariage (Vézian notaire)

Confirme à Anne Renée de BOCAUD ma fille … épouse de M. DE MASCLARY cons. CCAF : 5 000£ (id)

TOUS ET CHACUNS AUTRES BIENS (et entière hérédité de feu mon mari) : THOMAS MARIE DE BOCAUD seigneur de Teyran, Jacou, Clapiers et autres, chevalier, Pdt CCAF

Signé : de Bachy du Cayla de Bocaud 






DOCUMENT  26
Mort de l’abbé, fils d’Hercule.
Nombreux, mais assez modestes legs pieux ; nombreux et plus importants legs caritatifs.
Donne une indication sur le train de vie et le personnel de maison d’un chanoine et abbé comanditaire : au moins 6 personnes à son service.

1767 9 mars   (Testament rédigé 20 février 1753)
ouverture TESTAMENT THOMAS DE BOCAUD, CHANOINE et aumonier du chapitre de l’église cathédrale Saint Pierre, abbé commandatare de l’abbaye de Saint-Maurin en agenois, mort ce matin

Notaire Gabriel Davranche

CHEZ THOMAS MARIE DE BOCAUD …  son neveu

témoins du testament mystique : Alexandre Giraud, Me chirurgien et Noël Carron me sellier  et Pierre Rousset (étudiant en chirurgie)  et François Pralon procureur au barreau, et Antoine Ferrier, marchand fabricant de bas

TESTAMENT :
Sépulture à l’église des dominiquains de cette ville, dans le caveau de ma famille
Aux dominicains : 100 £
Aux capucins : 50 £
Aux carmes du Palais : 50 £
Aux RP de la Mercy  50 £
Aux carmes déchaussés 50 £
Aux cordeliers : 50 £
Aux augustins : 50 £
Aux chanoines réguliers de St Paul : 50 £

Pauvres de paroisse St Pierre 200 £
de Notre Dame  200 £
de Ste Anne 200£
de St Denis 200 £
de la paroisse de Montels et Vérargues 100 £
paroisse de St Amans (diocèse Béziers)  et du Pouget : 100
pauvres de l’abbaye de Saint Maurin 500 £
aux religieux de mon abbaye de Saint Maurin 500 £
Fondation obituaire à Mrs du Chapitre de la cathédrale St Pierre 2 000£ qui produisent une rente de 100 £ distribuée chaque année aux chanoines présents à sa messe

à mon cuisinier 200 £
servante ou laquais :  et aux 2 porteurs  100 £ à chacun
à Delmas mon valet de chambre : ma garde robe (sauf montre, tabatiéres, boucles, boutons, bassin à barbe, étuis de savonette et éponge ni aucun autre bijou) + 800 £
à Catherine Galibert  ma gouvernante : pension viagère de 100£
A Mme de Lauzières religieuse dans le monastère de St Charles  pension de 100 £

A Mgr  l’évêque d’Alet mon cher frère : jouissance viagère de tous mes meubles, tapisseries, linge, argenterie, batterie de cuisine et de tous les autres meubles qui sont dans la maison que j’occupe (rendus après décès à l’héritier universel)

Tous et chacun de mes autres biens meubles immeubles noms voix droits et actions : Héritier général et universel  THOMAS MARIE DE BOCAUD mon neveu Pdt  CCAF











DOCUMENT 27
Nouveau roi, nouvel hommage et serment. Mais ce n’est pas lui qui s’agenouille, c’est son procureur.
Texte intégral.
Thomas Marie ne mentionne plus ses seigneuries de Clapiers et de Teyran, mais celles de Jacou et du Mas de Viviers.


Serment foi et hommage de Thomas Marie de BOCAUD pour JACOU et VIVIERS

Serment foi et hommage de Thomas Marie de BOCAUD pour JACOU et VIVIERS

Serment foi et hommage de Thomas Marie de BOCAUD pour JACOU et VIVIERS

1776, 11 septembre

Thomas Marie de BOCAUD prête foy, hommage et fidélité au nouveau roi Louis XVI.

Sur parchemin

Extrait des registres de la Cour des Comptes Aydes et Finances

Entre Thomas Marie du BOCAUD Président en la Cour, Chevalier de Malthe, Seigneur de Jacou et Mas de Viviers, demandeur par requête du trois de ce mois à ce qu’il plaise à la Cour le recevor en la personne de Me Jean Catrix, procureur en lad cour, son procureur fondé par procuration du vingt deux aoust dernier à pretter la foy, hommage et serment de fidélité qu’il doit au roy, à cause de son heureux avènement à la couronne, à raison de laditte seigneurie de Jacou et Mas de Viviers qu’il jouit avec toute juridiction haute moyenne et basse d’une part, et le Procureur Général du roy deffendeur d’autre Catrix pour ledit sieur de Bocaud, le Procureur Général du roy
La Cour a ordonné et ordonne que ledit Catrix en la qualité qu’il procède sera receu à la foy, hommage et serment de fidélité qu’il doit au roy à cause de son heureux avénement à la couronne, pour raison de la seigneurie de Jacou et Mas de Viviers qu’il jouit avec toute juridiction, haute moyenne et basse sauf les droits du roy et d’autruy et à l’instant s’estant mis à genoux ses mains jointes entre celles de Monsieur Astruc conseiller, il y a été receu et promis de tenir de Sa Majsté la ville, seigneurie de Jacou et Mas Viviers et dépendances, lui estre bon, loyal fidèle sujet et vassal, deffendre dans les occasions sa personne et son état, à la charge de remettre son aveu et dénombrement devers le greffe de la Cour dans quarante jours suivant l’ordonnance prononcée judiciellement à Montpellier le onzième septembre mil sept cent soixante seize

Collationné Prâlon, greffier. Gratis









DOCUMENT 28
Thomas Marie reprend la mention de ses seigneuries de Teyran et Clapiers.
Il demande à être inhumé à l’Hôpital général. Demande non restectée : il le sera dans le caveau de famille des Dominicains.
Fortes donations aux pauvres, aucune aux ordres religieux. Une certaine laïcité émane de ce testament (legs et sépultures).
Léguer au fils Masclary les dettes de son père est assez ironique.

Inhumation de THOMAS MARIE de BOCAUD Eglise Saint Mathieu (Dominicains)

1788 20 février ouverture  du TESTAMENT THOMAS MARIE DE BOCAUD  rédigé 3 AOUT 1780


JEANNE MARIE EMILIE DE GUIGNARD DE SAINT PRIEST héritière grévée de
MESSIRE THOMAS MARIE DE BOCAUD chevalier non profès de l’ordre de St Jean de Jérusalem, seigneur de Teyran, Jacou, Clapiers et autres suivant son TESTAMENT MYSTIQUE du 3 aout 1780, écrit par nous le même jour

CONTENU du TESTAMENT
enterré le plus simplement… cimetière de l’Hôpital général[5] de Montpellier
Pauvres de HG de Mtp  500 £
pauvres H St Eloy  … 500 £
pauvres de la Miséricorde Mtp 1 000 £
pauvres nécessiteux  de Teyran, Jacou, et Clapiers  1 000 £
chacun des prieurs et curés de mes terres de T J C 50 £

M. DE MASCLARY mon neveu  10 000 £ que me doit M. de MASCLARY son père par billet du 19 juillet 1779
Mlle de MASCLARY ma nièce 10 000 £ (payables à 25 ans ou au mariage)

Tout et chacun mes autres biens … MARIE ÉMILIE DE SAINT PRIEST ma chère épouse
À RENDRE À SA MORT À MES DEUX SŒURS  DE NIGRY ET DE MASCLARY
sauf ce qui est pleine proriété à l’épouse : arrérages des rentes, diamants, bijoux, linge, nippes, SANS QU’IL SOIT FAIT AUCUN INVENTAIRE

Mon intention n’étant pas que mme de Nigry  puisse devenir la propriétaire … de mon herédité je substitue mme de Masclary ma sœur à la moitié de l’hérédité la concernant . (et m. de Masclary mon neveu si sa mère décède avant lui. sinon l’ainé de ses enfants mâles )
Et lors de cette succession, 60 000 £ à mlle de Masclary ma nièce, moins 10 000 si cette somme déjà reçue.

PROHIBE M DE MASCLARY MON BEAU-FRÈRE L’USUFRUIT DES BIENS QUE JE DONNE A SES ENFANTS…

TESTAMENT DÉPOSÉ CHEZ JOSEPH VÉZIAN NOTAIRE











DOCUMENT 29


1780, 3 août (ouverture 9 juillet 1788)
TESTAMENT MYSTIQUE DE Mre THOMAS MARIE DE BOCAUD
EXTRAIT
Vézian notaire

VOIR L’ACTE DE FEVRIER 1788.

… Et en tous et chacun mes autres biens meubles et immeubles, noms, droits et actions, présents et à venir en quoy qu’ils consistent et puissent consister, je nomme et institue mon héritière universelle et générale Dame Marie Emilie de Saint Priest, ma chère épouse à la charge de rendre après son décès  etc






DOCUMENTS 30 et 31
Mme de Nigry meurt quelques jours après son frère Thomas Marie. Son testament est ouvert 2h après son décès. Il contient le legs d’un diamant à son frère décédé, mais l’héritage de la dernière des Bocaud va au neveu Masclary.
A noter que les deux belles sœurs prisent le tabac.
Aucun legs aux ordres religieux, pas même aux dominicains.

1788, 14 mars, 11h du matin (Testament du 21mars 1787)
TESTAMENT de Mme Elisabeth Anne Gabrielle Victoire de Bocaud veuve de Pierre Frédéric de NIGRY (ouverture et enregistrement)

Sur réquisition de Dame Anne Renée de BOCAUD épouse de Mre Jean Paul Amédée de MASCLARY, conseiller CCAF
Chez Mme de Masclary
Notaire : Granier

Sa sœur, vve de M. de Nigry est décédée ce jour d’huy à 9 heures.
Réclame l’ouverture du testament mystique déposé chez le notaire.

PRESENTS :
Mre Antoine Catherine de MAZIERE, prêtre, chanoine du chapitre cathédral, témoin de la suscription du testament
Sieur Barthélémy CAFFAREL et Joseph François Marie CAFFAREL, frères, négociants autres témoins
Haut et puissant seigneur Hipolite François marquis de VIVIERS habitant de Perpignan
Haut et puissant seigneur Gabriel Jean Guillaume de PASCAL marquis de SAINT-JUIRE capitaine de cavalerie demeurant à Béziers

CONTENU DU TESTAMENT
Sépulture : dans la chapelle de ma famille qui est dans l’église des Dominiquains
Aux pauvres de l’H.G. : 300 £
Pauvres des dames de la Miséricorde : 400 £
Pauvres de la paroisse Notre Dame : 200 £
Désire 600 messes de requiem.

Marie JEAN, ma fille de chambre : pension annuelle et viagère de 300 £ + mon entière garde robe à l’exception de mes robes de soie, de carocos et dentelle
A Baptiste de DALINAN ( ?) mon domestique  pension annuelle et viagère de 120 £
Jean ROUX mon cuisinier : 500 £ une fois payées
Marie Magdeleine LAURET mon autre fille de chambre 400 £ une fois payées

Françoise Catherine de MASCLARY ma nièce fille de Dame Renée… épouse de M. de Masclary : 10 000 £, placées sur un corps de communauté solvable jusqu’à ce qu’elle se marie, prohibant à Mre de Masclary son père tout usufruit

Monsieur de BOCAUD mon frère, chevalier de St Jean de Jérusalem un diamant de valeur de 2 400 £

Je prie Mme Emilie de Saint Priest ma belle sœur d’accepter MA TABATIERE D’OR comme faible marque de mon amitié

TOUS MES AUTRES BIENS à ANNE RENÉE DE BOCAUD ma très chère et bien aimée sœur épouse de M. de MASCLARY… à charge de le rendre en entier à THOMAS MARIE DE MASCLARY son fils lorsqu’elle le jugera à propos

AUTRE DOCUMENT SEMBLABLE : EXTRAIT DU TESTAMENT DE MME DE NIGRY








DOCUMENT 32
Document incomplet , texte intégral de ce fragment.
Les liens familiaux se resserrent : les deux cousins se marient. L’oncle est à ce moment là ministre de Louis XVI.


1791

FEUILLE ISOLÉE
du contrat de mariage de Thomas Marie de Masclary avec Marie Thérèse Antoinette Charlotte Guignard de Saint Priest

En sixième lieu laditte dame Jeanne Marie Emilie Guignard de Saint Priest, veuve et héritière grévée de M. Thomas Marie de Bocaud, tante des futurs époux [elle est en effet tante des deux] habitante de cette ville, ici présente, ayant aussy le présent mariage pour agréable, en faveur d’iceluy a consenti et consent que dans le cas que la Dame de Masclary mère dudit futur époux vint à décéder avant elle, la substitution des biens de feu M. de Bocaud faite en faveur de la ditte Dame de Masclary, ainsi que la portion dont la propriété a pu lui être acquise par le prédécès de Mme de Nigry, suivant le testament mystique dudit Sgr de Bocaud du 3 août 1780, suscrit le même jour par Me Vézian, not. de cette ville, ouvert et enregistré les 9 et 29 juillet 1788 par led Me Vézian, passent sur la tête dudit sieur de Masclary fils, futur époux, ou de ses enfants, pour le tout être recueilli ainsy et seulement aux mêmes manières, clauses, conditions portées par led testament en faveur de la dite dame de Masclary mère ;
à la charge expresse par led sieur Masclary futur époux de payer alors à Mad de MASCLARY PERROT sa sœur la somme de cinquante mille livres qui étoient légués à la ditte dame par le dit feu sieur de Bocaud, suivant son susdit testament.
Dans le cas où Mad de Masclary mère aurait recueilli la substitution voulant laditte dame veuve Bocaud que la ditte somme soit payée à la ditte dame de Perrot quoique sa mère ne recueille pas la ditte substitution, et lorsqu’elle sera recueillie par le futur époux. Et la ditte dame de Masclary mère s’est de son coté départie et départ en faveur et contemplation dudit mariage de la ditte substitution, voulant en conséquence que dans le cas que la ditte dame veuve de Bocaud vint à décéder avant elle, la sus dite substitution passe de suite sur la tête de son dit fils ou de ses enfants, pour en jouir et disposer en toute propriété à compter du jour du décès de la ditte dame veuve Bocaud, se départant aussy de la jouissance des cinquante mille livres légués à sa fille qu’elle consent leur être payée immédiatement après le décès de la ditte dame de Bocaud toujours aux mêmes clauses et conditions du testament du dit feu Sr Bocaud.

François Emmanuel de Saint Priest, beau frère de Thomas Marie de Bocaud


[1] - Il mourra chez son fils évêque d’Alet et sera enterré dans le cimetière paroisial d’Alet
[2]  La Capelle-Livron, Tarn et Garonne
[3] - 93 ans . Jean, son ainé, en a 50.
[4] - Ce qui signifie une ancienne catholicité de la famille.
[5]  - Il sera enseveli, contre sa volonté aux Dominicains