28 mai 2012

BIBLIOPHILIE CONTEMPORAINE OCCITANE : François DEZEUZE illustre L'Opera de las Sidoulas de L'ESCOUTAIRE

Deuxième (et pour le moment dernier) livre en occitan édité par les Editions LUIS CASINADA.
Lou Grand operà de las Sidoulas de François Dezeuze (L'Escoutaïre)  illustré par François Dezeuze
             Encore un livre à la présentation assez étonnante publié par Luis Casinada :
L'ESCOUTAÏRE (François DEZEUZE)
LOU GRAND OPERA DE LAS SIDOULAS, farcejada
illustrat per
François DEZEUZE (soun pichot-enfant)
Editions Luis Casinada
Montpellier, 1996

             Le tirage total a été de 45 exemplaires, signés par l'illustrateur et l'éditeur. 

Page de titre 
           François DEZEUZE est un des écrivains occitans majeurs de la première moitié du XXe siècle. Il est le chantre de la vie montpelliéraine, le philosophe du mazet, mais son style, reconnaissable entre mille, déborde largement ces clichés sans les démentir. Disons en deux mots que ce papetier imprimeur (rue de l'Aiguillerie) a été l'âme de LA CAMPANA DE MAGALOUNA, une revue qui pendant quatre décennies a diffusé un occitan populaire dans toute l'aire occitane, et qu'il a été un des auteurs de théâtre les plus joués du Bas-Languedoc. Une dizaine de ses farces étaient jouées, chaque dimanche, aux quatre coins de la province par des troupes de joyeux amateurs. 
            C'est une de ces pièces, dont la première représentation a eu lieu à Frontignan le 7 octobre 1900, qui est ici rééditée. 
            Même les non-occitanoliseurs comprendront tout ce vocabulaire "simple et efficace" (comme on dit pour parler des guitaristes rocks). 
Une scène du Grand Opera de las Sidoulas de François Dezeuze.
            L'intrigue est simple : un peu comme dans Les Copains de Jules Romain, un groupe d'hommes (que des hommes) se réunit dans un mazet (pour celui qui ne saurait pas : petite maison de campagne le plus souvent d'une seule pièce). Ils vont manger, et boire, et parler, et manger, et boire, et parler... presque jusqu'à la mort. Presque... 
            Les spectateurs se tordaient de rire, les acteurs essayaient de retenir le leur. 
            C'est qu'il y a là-dedans A LA FOIS la grosse farce et le petit sel de l'esprit fin
            C'est cette association de finesse et de robuste rigolade qui motive la présentation de l'oeuvre par l'éditeur. 
Couverture du Grand Opera de las Sidoulas en céramique de Saint-Jean-de-Fos 
                  Les deux plats de reliure, son écorce, sont brillants et rugueux. Deux rectangles de terre cuite vernissée, issus la poterie de Saint-Jean-de-Fos, sont lisses et vernis à l'émail vert à l'extérieur, bruts de terre cuite à l'intérieur. 
                   Ils mesurent 18 x 11 cm. 
2eme plat et gardes du livre 
                    Une corde, une simple corde, relie l'ensemble. 
                    Par contre, le texte est tiré sur un papier japon Liaxuan vergé pelure le plus fin imaginable : 16 grammes. (Imaginez les difficultés du tirage!)
                    Ce contraste entre pulpe et écorce résume tout. 
                    Les illustrations ont dû être faites sur un pur coton vergé "normal", c'est à dire de 80 grammes.
Illustration de François DEZEUZE
                     Il était en effet impossible de travailler à l'aquarelle sur un papier pelure. Quand je dis "aquarelle", c'est une question de parler, puisque les roses et les mauves sont issus des meilleurs cépages (Saint-Chinian et Saint-Georges d'Orques) du Languedoc. 
                      En effet, les dessins ont été exécutés à l'encre de chine au trait, tirées en noir, et chaque exemplaire colorié à l'aquarelle et à la "vin-arelle" par François DEZEUZE. 
                      Il y a 5 illustrations par volume.
Illustrations de François Dezeuze
               Finalement, je crois que je vous ai embrouillé. 
               Je ne vais pas dire que je l'ai pas fait exprès, mais je vais réparer ça : il y a François Dezeuze et François Dezeuze. 
               Je ne vais pas vous faire la généalogie complète de la famille DEZEUZE, mais voici la situation des principaux protagonistes de l'histoire. 
               Au commencement, il y a FRANCOIS DEZEUZE, alias L'ESCOUTAÏRE, dont je parlais au début. Ce François a eu un fils Georges DEZEUZE, peintre fort connu à Montpellier, collègue des Beaux-Arts de Montpellier de Dubout et de Germaine Richier. Ce Georges a eu, lui, deux fils. Daniel Dezeuze, celui qui a illustré Les Royaumes combattants de Skimao pour les éditions Luis Casinada (et fondateur de Supports/Surfaces) et FRANCOIS DEZEUZE, professeur aux Beaux-Arts d'Avignon, et donc, ici, illustrateur de son grand-père. 
               Le Grand opéra de la famille Dezeuze. (Et ça continue dans les nouvelles générations...!!!) 

               P.S. : Le livre n'est pas garanti incassable, il est juste beau et solide. 

             Plus de renseignements : Editions Luis Casinada ;   barral.guy@neuf.fr

ET SURTOUT, VOIR LE BLOG SPÉCIALEMENT DÉDIÉ AUX ÉDITIONS LUIS CASINADA QUI ONT REPRIS LEURS ACTIVITÉS : 
http://editionsluiscasinada.blogspot.fr/

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